La situation épidémiologique liée au coronavirus en Belgique n'a cessé de se dégrader ces dernières semaines, poussant les autorités à mettre en place un "reconfinement plus strict". Les chiffres concernant les contaminations, les hospitalisations ou encore les décès ont montré à un point tel que les pics de la première vague ont été dépassés à certains égards. Si, à ce jour, on ne peut pas encore parler de diminution dans les données communiquées par Sciensano, Marc Van Ranst (KULeuven) et Dirk Devroey (VUB) ont tout de même souligné deux tendances positives.

La première concerne le taux de positivité. Ce pourcentage, qui s'intéresse au nombre de tests qui se révèlent positifs par rapport au nombre total de tests effectués, a diminué depuis quelques jours (comme on peut le voir sur le graphe ci-dessous), repassant sous la barre des 30%. "C'est une bonne nouvelle", a commenté Marc Van Ranst auprès de nos confrères de HLN. Pour Dirk Devroey, doyen de la faculté de médecine de la VUB, cette baisse du taux de positivité est l'aspect "le plus encourageant" actuellement. "Nous aurions pu nous attendre à ce que ce taux augmente en raison de la nouvelle politique de testing (seuls les symptomatiques peuvent désormais se faire tester en Belgique, ndlr.) mais ce n'est pas le cas finalement", a-t-il écrit sur Twitter.

© Sciensano




La baisse du taux de reproduction du virus (R) - qui représente le nombre de personnes qu'un malade va contaminer en moyenne - est la seconde lueur d'espoir, selon le virologue de la KULeuven. "On voit que le R passe en dessous de 1 dans un certain nombre de zones, telles que le Brabant flamand, le Brabant wallon et Bruxelles", a déclaré le virologue de la KULeuven. Le taux de reproduction s'élève désormais à 0,89 à Bruxelles, 0,9 dans le Brabant wallon et 0,95 dans le Brabant flamand. Les spécialistes estiment que, pour reprendre le contrôle sur le virus, le R doit prendre une valeur inférieure à 1.

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Les experts ne veulent toutefois pas se montrer trop optimistes: les chiffres continuent d'augmenter et ce sera encore le cas pendant plusieurs jours, selon Marc Van Ranst. "Nous pouvons prédire que le nombre de personnes qui finiront à l'hôpital et aux soins intensifs augmentera pendant un certain temps, a continué le scientifique. Cela devient très difficile." Il en sera de même pour le nombre de décès qui devrait également continuer de grimper. Mais, du côté du Centre de crise et du SPF Santé publique, on confirme que certains chiffres commencent à ralentir. "Le nombre d'infections continue d'augmenter, mais moins rapidement, a souligné le porte-parole interfédéral, Yves Van Laethem. Les deux prochains jours devraient nous montrer si les admissions à l'hôpital se stabilisent ou non. Ce ralentissement devrait nous permettre de gagner du temps afin de gérer le flux de patients."