Entre le 6 et le 12 septembre, 779 cas de coronavirus ont été détectés par jour en moyenne en Belgique, a indiqué mercredi Yves Van Laethem, porte-parole francophone interfédéral Covid-19, lors d'une conférence de presse du SPF Santé publique et du Centre de crise. Il s'agit d'une augmentation de 52% par rapport aux sept jours précédents. "Le nombre de contaminations double actuellement tous les 12 jours, donc en moins de deux semaines", s'alarme le porte-parole.

Un nouveau CNS est prévu bientôt et est en préparation. "Il fait énormément parler dans le milieu social, politique et dans les médias. C'est la démocratie mais il ne doit pas détourner l'attention sur ce qui nous attend pour la suite. Ce ne sont pas les mesures qui nous menacent, mais c'est le virus. Il ne faut pas inverser les rôles." Il a également avoué que la balance était difficile à trouver. "Certains suggèrent que le virus est moins dangereux. Ce qui est sûr, c'est que sur le point virologique, il n'a absolument pas changé. C'est exactement le même virus qui nous a frappés au mois d'avril ou mars" a-t-il expliqué.


Il est revenu sur le contexte différent de ces deux périodes. "Actuellement, nous enregistrons essentiellement des infections relativement bénignes, au contraire de la première vague. Surtout pour des tranches d'âges plus jeunes et moins fragilisées. Cela donne l'impression que le virus est moins virulent car ces personnes sont moins sujettes aux soins intensifs. Contrairement aux personnes âgées lors de la première vague qui étaient plus rapidement infectées gravement." Ces chiffres ne doivent pas détourner notre attention. "Pour 3,5 millions de personnes, ce virus est considéré comme une maladie potentiellement grave. Parce que ces personnes ont plus de 65 ans et qu'ils peuvent avoir une pathologie sous-jacente comme l'obésité ou le diabète qui peut-être liée à des complications sévères."


Yves Van Laethem est ensuite revenu sur les médicaments liés à l'infection. "Il faut souligner que nous n'avons pas de médicament pour empêcher l'infection ou l'enrayer. Heureusement, nous avons des médicaments qui peuvent limiter la morbidité chez les patients lourdement atteints. Nous pouvons affirmer que grâce à cela, nous avons diminué de 40% la mortalité. Cette diminution ne cache pas le fait que l'hospitalisation est particulièrement pénible."

Autre phénomène problématique, la résurgence des cas chez les personnes à risque. "Nous constatons un début d'augmentation des pathologies chez les personnes fragiles et âgées. C'est particulièrement préoccupant. Dans la première semaine de septembre, il y avait 360 infections diagnostiquées chez les plus de 60 ans. Lors de la seconde, on en dénombrait 585. Une augmentation de 1,5. Le virus est occupé de faire le loup dans la bergerie et de s'infiltrer dans une population plus fragile. Et cette tendance doit nous faire réfléchir pour éviter que cette situation ne progresse." Il est temps d'agir, selon le porte-parole. "Si nous ne faisons rien, nous pourrions avoir jusqu'à 1.200 contaminations par jour dans une semaine et 1.600 d'ici quinze jours. Le nombre d'admissions serait de 45 par jour et 60 dans deux semaines. Ceci suppose que l'on ne fait rien. Pour éviter cette situation, il nous faut agir."


La question est maintenant de savoir si le risque de surcharge des hôpitaux est bien présent. "Actuellement, il ne se présente pas", a répondu Yves Van Laethem. "Avec 70 personnes en soins intensifs, seulement 4% des lits des hôpitaux sont occupés. Cependant, soulignons que l'entièreté des mesures que nous prenons sont là pour éviter une surcharge pour les hospitalisations normales ou en soins intensifs. Au moment du pic, nous avions 1.200 patients en soins intensifs. La catastrophe a été évitée mais la charge de travail a été particulièrement intense pour le personnel soignant. Le problème est que la qualité des soins en prend un coup."

Le problème pour les autres patients à cause de la transmission se pose également. "Autre fait important, l'impact des patients covid a un impact direct sur les autres patients. Ceux qui sont hospitalisés pour une autre raison que le Covid. Pour toutes ces raisons, il faut limiter un maximum les lits occupés par les patients Covid-19 pour la qualité des soins qu'on leur attribue mais aussi pour la qualité des soins assurés auprès du reste de la population. Il faut empêcher le virus de tourner au maximum de sa capacité c'est-à-dire d'avoir un doublement du nombre de cas tous les trois jours. Je vous rappelle que nous sommes à un doublement tous les douze jours actuellement."

Ensuite, Yves Van Laethem a également mis en garde la population quant à qui l'attend. "Le virus est en constante évolution. il est donc difficile à juguler. Nos écoles sont en réouverture. L'automne est à nos portes et l'hiver va suivre. Nous savons que le froid est un élément propice pour la transmission des virus respiratoires. Je vous rappelle que le coronavirus est un virus de cet ordre", a précisé le porte-parole.

Selon lui, il faut une responsabilisation des élèves. "Nous sommes convaincus que nos collègues dans les écoles font tout pour garantir la sécurité des élèves dans les auditoires ou les classes. En revanche, on ne contrôle pas ce qu'ils font en dehors des cours. Le risque ne demeure pas dans la reprise des cours mais plutôt dans les activités en dehors de ceux-ci, le soir et le week-end. Nous voulons attirer leur attention sur ces étudiants lorsqu'ils reviennent en famille. Ils ont peut-être connu des situations risquées pendant leur semaine. Nous leur demandons d'être attentifs et de respecter les distances avec les personnes âgées ou à risque."


Comme souvent, Yves Van Laethem a voulu encourager la population avec un message optimiste. "L'objectif d'enrayer le virus est réalisable. Seulement si nous réalisons tous des efforts. Appliquons donc les règles de base avec cohérence. De se rencontrer avec une certaine distance, par exemple. Ce qui n'empêche pas de rire et de vivre. Limitons le nombre de contacts étroits dans les temps qui viennent et respectons les gestes barrières ainsi que le port du masque. Avec le beau temps, soyez dehors et faites attention aux personnes fragiles. Restez chez vous en cas de symptômes."

Yves Van Laethem a terminé en citant la Première ministre Sophie Wilmès: "Chacun et chacune d'entre nous peut participer à la solution et, ensemble, nous sommes la solution. Travaillons ensemble pour faire que ceci soit une réalité."