Le nombre moyen de contaminations au coronavirus par jour a atteint 978,3 cas entre le 8 et le 14 septembre en Belgique, soit une hausse de 74%, ressort-il vendredi des chiffres provisoires de la dernière mise à jour du tableau de bord de l'Institut de santé publique, Sciensano. Il s'agit d'une nouvelle forte hausse puisque par rapport aux chiffres communiqués jeudi, 2.028 nouveaux cas ont été recensés, portant le total de contaminations en Belgique à 97.976.
 
Suite à cette augmentation, les experts s'expriment lors de leur traditionnelle conférence de presse. 

"Les infections comme les hospitalisations continuent d'augmenter, et le rythme s'accélère actuellement", a déclaré Yves Van Laethem. "On a un doublement tant des hospitalisations que des infections en huit à neuf jours, alors qu'il fallait encore douze jours pour ce doublement il y a quelques jours". 

"Au cours de la semaine dernière, il y a eu à quatre reprises plus de 1.000 nouveaux cas diagnostiqués en une journée", poursuit l'expert. 

"Cette augmentation est présente dans toutes les tranches d'âge, et même si le groupe des 20 à 29 ans domine toujours le nombre de nouveaux cas, il est actuellement rejoint par le groupe des 10 à 19 ans qui a doublé endéans une semaine", détaille Yves Van Laethem. Le troisième groupe à être le plus touché est celui des plus de 60 ans, qui connaît également un doublement au niveau des contaminations. "Ceci doit nous conduire à être particulièrement vigilants dans les contacts entre les gens jeunes et les personnes plus âgées". 

"L'augmentation se fait ressentir au niveau national, mais également dans l'entièreté des provinces, avec des chiffres assez impressionnants qui vont de plus ou moins 50% à 180% d'augmentation", continue l'expert. Parmi les zones les plus touchées, il y a Bruxelles et Anvers, mais surtout la province de Liège: "Il y a pratiquement un triplement du nombre de cas avec actuellement 134 nouveaux cas par jour à Liège". 

Yves Van Laethem a ensuite abordé le nombre de tests. "La semaine dernière, nous avons réalisé près de 30.000 tests par jour", affirme l'expert. "Le pourcentage des tests positifs s'élève actuellement à 3,2% sur l'entièreté du pays. Il était encore à 2,5% il y a deux semaines. Il faut souligner qu'à Bruxelles, il est de l'ordre des 6,4%. Il y a donc clairement une augmentation du pourcentage de tests positifs, ceci indique donc bien que le virus circule plus et que l'augmentation du nombre de cas qu'on a actuellement n'est pas uniquement liée au fait qu'on a un dépistage plus intensif".

Cette circulation plus active du virus se démontre également par le nombre d'hospitalisations, qui a augmenté de 75% par rapport à il y a deux semaines.

Le taux de mortalité continue lui de fluctuer autour de 2 à 3 décès à déplorer par jour, ce qui est un chiffre relativement stable. "C'est le seul point positif des chiffres du jour", regrette l'expert. 

Yves Van Laethem a ensuite détaillé les résultats de deux projets de recherche.
Tout d'abord, l'expert a abordé les résultats d'une étude menée sur des échantillons sanguins parmi des donneurs habitués: "Sur 10.000 échantillons de sang, environ 5% de ces donneurs ont des anticorps contre le Covid-19, ce qui est un chiffre totalement stable par rapport aux données d'avril 2020". Mais ces chiffres sont à interpréter avec prudence car l'échantillon est un miroir imparfait de la population belge: "Les chiffres sont donc plutôt une limite inférieure plutôt qu'une limite supérieure", conclut l'expert. 

Une étude similaire, conduite cette fois sur des professionnels de la santé, démontre que le nombre de membres du personnel médical qui ont des anticorps n'a guère changé depuis la fin avril. "Il fluctue autour de 8% à la fin du mois d'août". 
"Dans ce sous-groupe, suivi tous les mois, les anticorps ont persisté chez la totalité d'entre eux, sauf dans le cas de deux personnes, qui avaient eu des symptômes particulièrement légers de la pathologie. Les anticorps ont disparu chez eux après environ deux mois, deux mois et demi après l'infection suspectée", indique Yves Van Laethem. Cela semblerait montrer que les anticorps restent plus longtemps actifs que ce que la majorité de la littérature scientifique a démontré jusque maintenant. 
"Ces données démontrent aussi que nous sommes très loin d'avoir atteint cette mythique 'immunité de groupe', qui nécessite d'avoir au moins 50% de la population porteuse d'anticorps", conclut l'expert.

Ensuite, le porte-parole du centre de crise Benoit Ramacker a rappelé l'importance de maintenir les nouvelles habitudes prises au cours des derniers mois, et de continuer à respecter les gestes barrières : "Ce respect fera de notre société une société résiliente contre le virus, et c'est cette résilience qui va nous permettre d'avancer ensemble", a-t-il déclaré. "C'est la seule façon de nous protéger de nouveaux drames humains pour beaucoup trop de familles". 

A la question "les personnes qui ont le nez qui coule et mal à la gorge doivent-elles être testées?", Yves Van Laethem a répondu prudemment: "Il est complexe de donner un organigramme précis de raisonnement, mais disons que si on a deux symptômes moins importants - par exemple un mal de gorge avec une rhinite -, alors oui, mieux vaut rester chez soi et prévenir son médecin traitant. Mais si on a un discret mal de gorge isolé, ou une rhinite isolée, on ne va pas pratiquer ce genre de politique". Mais il faut bien évidemment, dans ce cas, prendre davantage de précautions et bien se surveiller pour voir si d'autres symptômes n'apparaissent pas.