Alors que de nouvelles mesures entrent en vigueur ce lundi pour tenter de freiner la progression du coronavirus en Belgique, il ressort du dernier bilan de Sciensano que notre pays a recensé en moyenne 113 décès quotidiens liés au coronavirus entre le 23 et le 29 octobre inclus.

Au cours de la même période, environ 15.582 nouveaux cas (+14%) ont été recensés par jour. Au total, 441.018 infections ont été dénombrées depuis le début de l'épidémie.


Les admissions à l'hôpital atteignent une moyenne quotidienne de 655,9 entre le 26 et le 1er novembre, soit une hausse de 40%.


Steven Van Gucht a fait le point sur les chiffres du coronavirus en Belgique: " Le mardi 27 octobre est le jour avec le plus de contaminations enregistrées depuis le début de la pandémie: il y a eu 21.953 cas recensés ce jour-là. La moitié des gens testés positifs ont plus de 43 ans. On constate une augmentation des cas chez les gens âgés entre 20 et 60 ans. Chez les enfants et adolescents, on constate une diminution des cas. Chez les plus de 80 ans, on constate un doublement du nombre de cas tous les 11 jours. C'est plus que dans les autres tranches d'âge."


Yves Van Laethem a aussi épinglé des tendances positives, qui devront se confirmer pour être certain qu'il ne s'agisse pas d'un "effet week-end": " Le nombre d'infections et d'hospitalisations continue d'augmenter, mais il augmente moins rapidement. Le train à grande vitesse continue à avancer mais il ralentit un peu. Les deux prochains jours devraient nous montrer si les admissions à l’hôpital se stabilisent ou non. Ce "ralentissement" devrait nous permettre de gagner du temps afin de gérer le flux de patients. La pression sur les hôpitaux reste intense. Ce ralentissement et les nouvelles mesures devraient nous permettre de ne pas dépasser la limite des 2000 patients en soins intensifs en Belgique."

Au centre du pays, on peut observer un ralentissement des contaminations avec -11% à Bruxelles et -3% dans le Brabant Flamand. Pour les autres provinces, on constate toujours une augmentation. C'est à Liège et dans le Hainaut qu'on retrouve toujours le plus grand nombre de contaminations avec un taux supérieur à la moyenne nationale.


Yves Van Laethem est aussi revenu sur les nouvelles mesures:" Nous sommes presque au niveau le plus strict. On doit inverser la tendance grâce à ces mesures renforcées."

Pour l'infectiologue, il faut absolument garder ses distances avec les autres: " Limitez vos contacts étroits, c'est ainsi qu'on pourra limiter la propagation du virus. Il faut garder une distance d'un mètre cinquante, et dans le cas contraire, porter son masque. Porter le masque un peu plus ne sera pas nuisible, le porter un peu moins peut l'être éventuellement. N'hésitez pas à porter votre masque."

Interrogé sur la corrélation entre la diminution du nombre de cas et le fait que les personnes asymptomatiques ne soient plus testés, Yves Van Laethem s'est montré clair:" Ce n’est pas parce qu'on a arrêté de tester les personnes asymptomatiques que la moyenne des nouveaux cas est plus basse. On est au début d'un impact des mesures avec une diminution de la circulation du virus. Les jours qui viennent seront décisifs pour conforter cette conclusion."


L'expert a aussi été interrogé sur les admissions à l’hôpital, qui semblent se stabiliser ces derniers jours:" En dehors du fait, on l’espère, qu'il y a une diminution du nombre de patients sévèrement touchés, il y a effectivement d'autres critères qui peuvent intervenir. Dans certaines régions du pays, on a durci les conditions d'admission à l’hôpital. On augmente actuellement la quantité et la qualité des soins à domicile et en maison de repos."

L'immunité collective, une solution ? "Si on regarde cette deuxième vague, il devrait y avoir une augmentation des gens immunisés dans la société. Dans les semaines qui arrivent, on devait savoir à quel degré de protection on pourrait se trouver dans la société. Mais même à 15 ou 20%, on serait encore très très loin du niveau nécessaire pour avoir une protection "naturelle" qui se situe autour des 50%".


"Au vu des dégâts que cette nouvelle vague provoque, nous nous rendons compte que cette notion d'immunité collective est simplement non admissible, non gérable, tant sur le plan humain, que sur le plan des soins de santé"