L'institut de santé publique, Sciensano, a indiqué ce mercredi que les contaminations au covid-19 avaient augmenté de 60% entre le 13 et le 19 septembre par rapport à la semaine précédente. Les hospitalisations et les décès sont également en hausse.

En ce jour de Conseil national de sécurité, Yves Van Laethem a tout d'abord commencé par rappeler que les différents chiffres continuaient à augmenter d'un point de vue épidémiologique: "Cependant, on semble constater un ralentissement dans cette hausse", annonce-t-il. "On peut espérer atteindre un plateau dans les prochains jours."

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L'école, pas facteur numéro un dans la hausse des cas

Le porte-parole interfédéral a également précisé que la population des 10 à 20 ans était la plus touchée par les nouvelles contaminations, suivie de très près par celle des 20 à 30 ans: "En particulier, ce sont les jeunes de 17, 18, et 19 ans qui sont particulièrement atteints. C'est-à-dire ceux qui ne vont pas à l'école secondaire mais qui sont éventuellement dans l'enseignement universitaire ou les Hautes Écoles. Ce n'est donc pas l'école en elle-même qui a amené cette augmentation majeure des nouveaux cas", explique-t-il.


La tranche d'âge des plus de 50-60 ans connaît également une augmentation significative ces derniers jours: "Par exemple, les plus de 70 ans, qui sont potentiellement plus fragiles, connaissent un doublement du nombre de cas dépistés". Il reconnaît cependant qu'il s'agit de chiffres relativement bas en termes absolus.

Doublement des hospitalisations en 10 jours

Le virologue a mis en évidence les hospitalisations qui sont en constante augmentation depuis une dizaine de jours: "Sauf modification de la situation, nous pourrions atteindre le chiffre de 100 admissions par jour d'ici une semaine", avertit-il. "Heureusement, le taux de mortalité reste relativement bas avec une moyenne de 3 décès par jour".


Croissance considérable des symptômes grippaux

Les médecins vigies, un réseau de médecins chargé de diagnostiquer les symptômes grippaux sur le territoire, ont également constaté une augmentation nette des consultations pour ce type de symptômes: "Nous sommes actuellement à 164 consultations pour 100 000 habitants. Ce chiffre dépasse le seuil déterminé (157) pour annoncer la présence de la grippe en Belgique", explique Yves Van Laethem. "Or, la grippe n'est pas là. Il n'y a pas de virus grippal détecté actuellement. Ces chiffres sont donc liés au Covid-19".

Il précise ainsi qu'environ un cinquième de ces patients examinés par les médecins vigies ont été testés positifs au coronavirus en septembre.


"Les voyages ont pu jouer un rôle significatif dans le taux d'infection"

Par ailleurs, l'épidémiologiste rapporte qu'un quart des cas positifs au coronavirus en septembre revenaient de vacances: "Ils atteignaient même 44% au mois d'août", détaille-t-il. "On peut ainsi voir que les voyages et les comportements au cours de ceux-ci ont pu jouer un rôle significatif dans ce taux d'infection".

Séance de questions-réponses

Entre le 15 et le 21 septembre, il y a eu en moyenne 53 nouvelles hospitalisations par jour. Selon le professeur Dirk Devroey, nous avions eu exactement le même nombre à la mi-mars lorsque le pays est entré en lockdown. En quoi la situation actuelle est-elle différente ?

"La grande différence, c'est que la rapidité d'évolution, le taux de doublement de la pathologie est totalement différent. On sait qu'au maximum de sa vitesse, le virus montre un taux de doublement du nombre de cas tous les 3 jours. Actuellement, nous sommes à un doublement tous les 10 jours."