"Nous avons eu certains jours de la semaine dernière 140 000 tests effectués et c'est plus ou moins le maximum que nous pouvons gérer", constate Geert Molenberghs auprès de nos confrères de Het Laatste Nieuws. "Pour lundi dernier, nous en sommes déjà à environ 75 000 nouveaux cas. C'est énorme quand on ne peut faire que 140 000 tests. Le taux de positivité est également extrêmement élevé. Cela signifie qu'en plus des infections confirmées, il existe une multitude d'infections non confirmées."

Pour Geert Molenberghs, le scénario des 75 000 nouveaux cas énoncés lors d'un des derniers Codeco est largement dépassé. "Le nombre réel peut être multiplié par quatre", selon lui. "Si vous supposez que la moitié ou moins présente des symptômes, vous vous retrouvez avec 100 000 à 150 000 personnes infectées. Les cas confirmés ne sont donc que la partie émergée de l'iceberg."

Pour analyser la situation actuelle, le biostatisticien se base sur les données précédentes recueillies depuis le début de la pandémie. "Nous avons connu des périodes où nous avons identifié environ un cas sur deux. Des périodes avec une circulation très faible et un taux de positivité très bas. Ensuite, nous sommes parvenus à identifier presque tous les cas. Pensez aux personnes qui développent des symptômes en été. Ces personnes sont testées, le suivi des contacts est bon et vous identifiez des clusters. Aujourd'hui, cependant, le nombre de contaminations explose tellement fort qu'on ne peut toutes les capter. Les estimations vont donc maintenant de trois à cinq fois plus de cas que ce que nous identifions."

Entre 200 000 et 300 000 nouvelles infections

"La semaine dernière, les chiffres étaient probablement d'environ 200 000 infections par jour, maintenant ils montent à 300 000 par jour. Cela signifie qu'en une semaine ou deux, une énorme proportion de la population a effectivement été infectée", continue l'expert néerlandophone. Le virus va-t-il du coup s'éteindre par lui-même ? "Je le soupçonne, mais c'est difficile à déterminer car, comme je l'ai dit, nous sommes au plafond de notre capacité de test. Ce que nous avons constaté ces derniers jours, c'est que le taux de positivité ne semble plus augmenter et qu'il commence même à montrer les premiers signes d'un déclin dans certaines tranches d'âge. Cela pourrait être un premier signal que le sommet est en vue. Mais nous devons être prudents", insiste-t-il auprès de nos confrères.