La Conférence Interministérielle Santé, qui rassemble les différents ministres de la Santé du pays et le commissaire fédéral "Corona" Pedro Facon, a décidé mercredi matin de rendre prochainement la répartition des patients entre hôpitaux contraignante.

"Les principes et règles des plans de distribution ne sont pas toujours respectés partout", relèvent les ministres dans un communiqué. "La CIM est donc unanimement d'accord avec une modification immédiate de la loi qui pourra rendre le transfert des patients obligatoire sous certaines conditions. Les initiatives pour une modification de la loi sont en préparation actuellement."

La CIM félicite "les hôpitaux qui coopèrent très intensément au déploiement du plan de distribution des patients Covid-19".

Les transferts s'organisent déjà un peu partout

Les initiatives se multiplient déjà pour désengorger les hôpitaux du pays. Outre l'extension des unités covid dans certains hôpitaux et le passage en phase 2A, certains hôpitaux veulent se tourner vers des centres de revalidation, comme le CHR de la Citadelle vient de le faire en passant un partenariat avec des maisons de repos des environs. Plusieurs options sont sur la table au niveau de la Région wallonne afin de soulager les hôpitaux les plus durement touchés, elles devaient être finalisées, tranchées et présentées très rapidement, confirme mercredi midi le cabinet de la ministre Christie Morreale. Les hôpitaux du pays doivent être passés à la phase 2A pour le début de la semaine prochaine, soit notamment consacrer 60% des lits de soins intensifs aux patients Covid (1.200 lits sur un total de 2.000) et réserver six fois plus de lits à ces patients dans les autres services.

La situation est déjà critique dans de nombreux hôpitaux, et le système de répartition des patients montre parfois ses limites. La conférence interministérielle santé a d'ailleurs décidé en matinée de rendre prochainement cette répartition des patients entre hôpitaux contraignante, estimant que "les principes et règles des plans de distribution ne sont pas toujours respectés partout". Depuis le 1er octobre, 437 patients ont été transférés vers un hôpital autre que celui où ils avaient été admis dans un premier temps. Mais toutes les régions du pays étant touchées par la pandémie, les hôpitaux, entre autres, cherchent également d'autres options.

Le CHR de la Citadelle de Liège a franchi le pas cette semaine en annonçant un accord avec des maisons de repos de la région, qui serviront de lieu de transition entre l'encadrement hospitalier et le retour au domicile des patients.

Du côté de Femarbel, la fédération des opérateurs privés de l'hébergement de personnes âgées, on se montre plutôt positif sur l'initiative de l'hôpital. "La solidarité entre les maisons de repos et les hôpitaux va dans les deux sens", relève Vincent Fredericq, secrétaire général de la Fédération. Les maisons de repos disposent en effet de lits disponibles, les entrées dans ces institutions étant restées assez faibles depuis la première vague. Actuellement, 6% du personnel de ces maisons de repos privées en Wallonie est écarté. "Si c'est possible dans les meilleures conditions, pourquoi pas", estime-t-il. Des demandes en ce sens ont émané de Bruxelles depuis quelques temps, et plus récemment de Wallonie, indique-t-on. Les maisons de repos offrent l'encadrement nécessaire à cette suite des soins, mais le noeud du problème reste la question du financement, un cadre serait nécessaire pour offrir toutes les garanties nécessaires tant aux hôpitaux, qu'aux MR/MRS et aux patients.

"Pour le moment, on opère des transferts vers les hôpitaux les plus proches", y compris ceux situés en Allemagne si nécessaire, indique le cabinet de la ministre wallonne de la Santé, Christie Morreale.

Mais la situation s'aggravant rapidement, "on cherche d'autres solutions: plusieurs options sont sur la table, elles seront finalisées dans les jours qui viennent", indique-t-on. Sans se prononcer sur l'initiative du CHR liégeois, on précise que l'objectif reste que les options "permettent une prise en charge réelle et les soins les plus adéquats", soit un accueil décent et de qualité pour les patients.