En huit semaines, près de 3.000 décès supplémentaires ont été déplorés. Entre le 1er janvier et le 16 mars 2020, la mortalité a été "sensiblement plus basse" qu'attendu, avec une baisse d'environ 768 morts par rapport aux prévisions calculées sur base des cinq années précédentes.

Cette moindre mortalité en début d'année peut s'expliquer par un hiver doux ou une grippe saisonnière moins virulente, avance l'Iweps.

L'arrivée du nouveau coronavirus a toutefois tout chamboulé. Dès le 11 mars, la mortalité augmente pour devenir une surmortalité le 18 mars. Le pic a été atteint le 9 avril avec 244 décès en un jour. Le retour à la normale est daté au 15 mai, avec moins de 100 morts quotidiennes.

Le confinement avait débuté le 18 mars tandis que les écoles et le secteur horeca avaient fermé leurs portes le 13 mars.

Du 16 mars au 10 mai, la surmortalité était de 51%. Selon les données de l'Iweps, sur la même période, la Flandre a connu une surmortalité de 44% et Bruxelles de 93%. La Belgique a déploré sur ce laps de temps 25.513 décès, alors qu'il était attendu 16.997 morts.

L'Iweps souligne enfin que si le contexte a engendré une hausse de la mortalité, il a également pu entraîner une baisse de celle-ci, le confinement ayant notamment diminué le nombre d'accidents de la route. "Ces impacts ne pourront être étudiés que lorsque les causes de décès auront pu être codées et validées pour l'ensemble de la population, c'est-à-dire dans trois ans", indique l'institut wallon.

La population wallonne a crû de 3,1% en 2019

La population wallonne a augmenté de 3,1% en 2019, soit davantage que l'année précédente, ressort-il des chiffres-clés de la Wallonie publiés jeudi par l'Iweps (Institut wallon de l'évaluation, de la prospective et de la statistique).

Au 1er janvier 2020, la Wallonie comptait 3.645.243 habitants, soit 31,7 % de la population de Belgique. La population wallonne ne cesse de croître, bien qu'à un rythme ralenti alors que la croissance dépassait largement les 5% entre 2006 et 2010.

L'Iweps explique cette croissance par le mouvement migratoire, "le mouvement naturel apportant même une contribution légèrement négative depuis 2015". En effet, les naissances diminuent depuis 2011, avec 1,59 enfant par femme en moyenne en Wallonie en 2018. La population vieillit également: l'âge moyen en Wallonie en 2020 était de 41,6 ans et il est attendu qu'il atteigne 45,7 ans en 2071.

L'an dernier, 10,4% de la population wallonne avaient une nationalité étrangère, une proportion inférieure au taux national de 12,4%. Les nationalités étrangères les plus représentées en Wallonie était l'Italie et la France, qui représentent à elles deux 47% du total de la population étrangère wallonne.

La densité de population atteignait, au 1er janvier 2020, 215,7 habitants par kilomètre carré en Wallonie, ce qui en fait la région la moins dense du pays. En Flandre, la densité atteignait 487,6 habitants au kilomètre carré et en Région bruxelloise, 7.500 habitants au kilomètre carré.

Près de la moitié des Wallons (49,2%) vivent dans une région urbaine. Charleroi est la commune la plus peuplée de Wallonie tandis que Liège truste la première place des agglomérations wallonnes les plus peuplées, avec près de 500.000 habitants.

Un ménage wallon comprend en moyenne 2,3 personnes. Plus d'un tiers sont constitués d'une personne isolée (36,3%) tandis que les couples sans enfant, mariés ou non, représentent 22,4% des ménages. Les familles monoparentales représentaient 12,2% des ménages.

En 2019, l'espérance de vie à la naissance en Wallonie s'élevait à 80,3 ans. Les femmes peuvent espérer vivre plus longtemps que les hommes: 82,8 ans, contre 77,7 ans. L'écart se réduit toutefois, note l'Iweps, à 5,1 ans en 2019, contre 6,8 années en 1997. L'espérance de vie wallonne est moindre que l'espérance belge. Cette surmortalité s'explique notamment par les plus mauvaises habitudes alimentaires de Wallons, qui consommeraient en outre davantage de tabac et d'alcool.