"Chez les enfants issus de milieux favorisés, les dégâts sont limités et la matière a pu être rattrapée. En revanche, les enseignants ont eu davantage de difficultés à maintenir le lien avec les familles précarisées. Pour ces enfants, il a fallu reprendre les apprentissages à partir de mars voire avant car certains ont régressé", résume Karin Verlinden, directrice du centre psycho-médico-social de Bruxelles.

Parmi des élèves de 6e primaire provenant de 402 établissements scolaires, deux chercheurs de la KULeuven ont noté un retard scolaire moyen de six mois en juin 2020, soit après seulement trois mois de fermeture des écoles. À l'instar des professionnels de terrain, ils observent une augmentation substantielle des inégalités au sein même des établissements (de 17% à 20% selon les matières), relève Le Soir.

L'UMons se penche également sur les effets de la crise du coronavirus sur l'enseignement depuis plusieurs mois. Ses chercheurs ont déjà pu constater dans une première étude que la fracture numérique était aussi une réalité pour les enseignants, qu'un sur deux avait perdu la trace d'une partie importante de sa classe et que seuls 55% ont respecté la circulaire stipulant de ne pas apprendre de nouveaux contenus durant le confinement.

Du côté des élèves, l'écart entre ceux d'une même année est plus important qu'à l'accoutumée, note Nathalie Duroisin, professeure à l'École de formation des enseignants de l'université montoise. "Les retards pourront être rattrapés. Mais il faudra se recentrer sur 'les essentiels'", conclut-elle.

Toujours dans les colonnes du Soir, la ministre de l'Enseignement Caroline Désir rappelle qu'elle encourageait, dès sa circulaire du mois d'août, les enseignants à renforcer la différenciation en adaptant les apprentissages au niveau de chaque élève, et que 17 millions d'euros ont été débloqués pour l'accompagnement personnalisé depuis le début de l'année.