Certains sont partis, d’autres ont trop peur pour le faire… et Natacha, revenue d’Italie, s’inquiète de ne pas avoir été contrôlée ici.

Depuis quelques jours, tout qui pose le pied sur le sol italien est soumis à un contrôle : une prise de température et quelques questions sur l’état de santé général. Du côté des touristes belges qu’on a contactés, l’incertitude et l’angoisse sont déjà bien présentes quand ce sont des personnes masquées et gantées qui les accueillent.

Natacha Diana, originaire de Charleroi, vient de rentrer d’Italie. Elle reste perplexe quant aux mesures de sécurités auxquelles elle s’est soumise. "Je suis allée à Pescara (Abruzzes) , plus loin que les zones actuellement en quarantaine mais dès la sortie de l’avion, on nous a pris notre température et interrogés. Je n’étais déjà pas trop rassurée surtout que je viens de Charleroi où on ne m’avait rien annoncé de tel", explique-t-elle.

Conformément à ses plans, elle a tout de même poursuivi son séjour. Mais son inquiétude est encore montée au moment de revenir en Belgique. "Ici, on ne m’a pas contrôlée alors que je venais d’un pays touché. Je ne comprends pas. Autant j’ai été surprise des contrôles à l’arrivée en Italie alors que la Belgique est épargnée pour le moment, autant j’ai été surprise de ne pas être contrôlée en revenant. J’ai un sentiment partagé qui ne me rassure pas. Je n’ose pas aller à l’hôpital de peur qu’on me découvre quelque chose. Pour le moment, ma fille est dans un état grippal qui me préoccupe mais d’un autre côté c’est aussi la saison des grippes."

Une habitante de Montigny-le-Tilleul, elle,  avait décidé de partir avec deux amies à Montereale Valcellina (commune jumelée avec la sienne qui se situe dans la région de Charleroi) à 60 km au nord de Venise pour assister au carnaval.

La base américaine d’Aviano en juge suprême

Elle a finalement décidé de rester, contrairement à ses deux amies, qui elles ne se sentent pas du tout en danger. "Nous voulions aller au carnaval de Venise mais il est annulé. Ce qui me fait peur, c’est le temps d’incubation. Je ne me vois pas rester enfermée pendant plusieurs semaines. Nous sommes bombardés d’informations plus ou moins alarmantes et dans le doute, je préfère ne pas prendre ce risque. Mes amies ont tenu à partir, et même si elles ont été contrôlées elles pensent que ce sont les médias qui exagèrent et elles veulent profiter de leurs vacances en paix", explique-t-elle.

Les habitants de Montereale, eux, sont dans l’incertitude : oui, l’Italie est touchée, mais eux doivent-ils s’inquiéter ?

Pour juger de l’état d’inquiétude des autorités locales, les habitants de cette bourgade italienne se basent sur… leur accès à la base américaine d’Aviano toute proche ! Les familles de soldats vivant exclusivement dans la base n’en sortent que rarement depuis les attentats du 11 septembre. Mais les Italiens sont nombreux à aller y travailler. Et si ceux-là sont un jour privés d’accès à la base, il faudra se poser plus sérieusement des questions.