Signe de l'embellie sanitaire mais aussi des divergences qui subsistent, particulièrement dans la majorité, les discussions n'ont pas débouché sur des recommandations même si, à entendre les députés, les nombreux experts entendus ont permis de tirer quelques lignes de force qui serviront si des mesures devaient être réactivées. "L'intérêt n'est pas de dire aujourd'hui si l'on est pour ou contre l'obligation vaccinale ou le CST mais être en mesure de réfléchir rapidement si une nouvelle situation l'exigeait", a souligné Laurence Zanchetta (PS).

Malgré les déclarations entendues au mois de novembre, l'obligation vaccinale n'a plus trouvé beaucoup d'alliés. Elle n'est pas pour autant écartée définitivement car la question qui semble la plus prégnante est celle de l'avenir du pass sanitaire qui a pris la forme en Belgique du CST (accordé aux vaccinés, aux personnes récemment rétablies ou à celles qui ont passé un test négatif). Vooruit, le parti du ministre de la Santé, Frank Vandenbroucke, reste partisan d'un pass vaccinal "1G" comme le signe d'une vaccination qui serait une obligation citoyenne s'imposant à tous.

Les écologistes y sont en revanche clairement opposés. Ils y voient une "politique hypocrite", selon Laurence Hennuy. Même écho chez les libéraux qui s'opposent également à la mise en veille du CST. A leurs yeux, il faut tout simplement le supprimer. "Nous devons éviter la banalisation des restrictions de liberté", a averti Daniel Bacquelaine (MR). Pour les Verts, il faudra procéder à une évaluation, tel que le prévoit l'accord de coopération qui institue le CST, et si la situation imposait à nouveau de recourir à un tel outil, le couler dans une loi dont l'objectif, la nécessité et la proportionnalité devront être clairement établis.

Le CD&V joue en revanche la carte de la prudence. Les chrétiens démocrates veulent conserver différents outils si une nouvelle vague de la pandémie frappait le pays. "En tant que responsable politique, on doit veiller à des solutions structurelles et ne pas courir derrière les faits", a ainsi souligné Nathalie Muylle.