C’est une douche froide qui est tombée, encore une fois, sur les commerçants indépendants ce mardi matin. Alors que le double droit passerelle semblait promis aux commerçants forcés de n’ouvrir que sur rendez-vous, il n’en sera finalement rien. Selon des informations de nos confrères de l’Écho, David Clarinval n’a pas été suivi dans sa démarche par ses partenaires du gouvernement. De plus, l’arrêté ministériel encadrant les nouvelles mesures stipule que les commerces restent bien ouverts sur rendez-vous, alors qu’il faut être obligé de fermer pour obtenir le double droit passerelle, à l’instar des métiers de contact, de l’Horeca, de l’événementiel, etc.

Un détail qui fait donc la différence puisque les commerçants devront donc se contenter du droit passerelle de crise, soit la moitié de la somme, le tout à condition de prouver une perte de 40 % du chiffre d’affaires par rapport à avant la crise.

Ce mardi matin, le ministre des Indépendants, David Clarinval, a clarifié les choses. “Rappelons tout d’abord que les métiers de contact qui doivent fermer à nouveau en raison de la dernière décision du comité de concertation, auront droit au double droit de passerelle pour les mois de mars et avril 2021, explique son cabinet. En ce qui concerne les magasins, l’Arrêté Ministériel considère les entreprises et associations offrant des biens aux consommateurs comme ouvertes. Elles peuvent poursuivre leurs activités au moyen d’un système de commande et de collecte, de livraison, ou via un système de rendez-vous. Si les entreprises et associations utilisent ce système de rendez-vous, elles doivent être en mesure de démontrer une perte du chiffre d’affaires d’au moins 40 % pour accéder au droit passerelle de crise simple.

Les commerçants ont en fait une seule solution pour toucher le double droit passerelle… fermer. “Toutefois, s’il s’avère impossible pour une entreprise ou une association de travailler sur rendez-vous et qu’elle doit cesser ses activités ou qu’elle ne peut travailler que par le biais de click&collect ou de livraison, elle a droit au double droit passerelle pour les mois de mars et avril 2021. Pour y accéder, elle doit fournir les preuves justifiant l’impossibilité d’ouvrir sur rendez-vous à sa caisse d’assurance sociale.

Et David Clarinval de réagir à ces dispositifs. “Il est nécessaire de continuer à soutenir nos indépendants en veillant aux spécificités de leurs situations respectives. En effet, les indépendants qui sont dans l’impossibilité de poursuivre leur activité en fonctionnant sur rendez-vous pourront bénéficier du double droit passerelle. Ces travailleurs indépendants qui subissent de plein fouet les conséquences de cette crise sanitaire doivent être épaulés jusqu’au bout”, détaille le ministre qui rappelle également que le droit passerelle sera octroyé à tout adulte ayant la garde d’un mineur et qui doit arrêter de travailler pour s’en occuper durant cette semaine de vacances anticipées.

Le SNI réagit: “C’est inacceptable”

Des précisions dont n’ont cure les indépendants qui espéraient être mieux soutenus suite à ces nouvelles mesures qui visent leur secteur. “C’est inacceptable, lance d’emblée Christophe Wambersie, secrétaire général du SNI. Le gouvernement doit être cohérent avec ses choix politiques. On l’a bien vu ce week-end, il n’y a pas de clients dans les commerces, aucun flux. Il faut donc un double droit passerelle au même titre qu’une fermeture pure et simple. On joue sur les mots, mais si la porte d’un commerce est fermée, c’est équivalent à une fermeture, comme pour le click&collect !

Le SNI n’exclut d’ailleurs pas des actions dans les jours à venir. “Nous ferons pression à tous les niveaux et il faut de toute façon s’attendre à une grande grogne de la part des indépendants qui ont déjà du mal à accepter ces nouvelles mesures. Je rappelle quand même qu’on a puni une nouvelle fois un secteur qui n’est pas dangereux, souffle-t-il. Et en plus, toutes ces personnes doivent accepter de voir des rassemblements dans les parcs qui ne sont ni stoppés ni sanctionnés par les autorités.

Christophe Wambersie fait aussi la différence entre les petits commerces indépendants et les grandes chaînes. “Les petits commerçants ne peuvent pas bénéficier d’internet comme les grandes chaînes pour qui cela marche bien depuis plusieurs années, indique-t-il. Internet n’est pas encore suffisamment mûr pour les plus petits et ils n’ont pas l’argent pour investir dans un nouveau site actuellement. Le plus petit est encore défavorisé dans cette histoire et c’est pour moi encore une raison de justifier le double droit passerelle pour les commerçants qui ouvrent sur rendez-vous et qui tentent de survivre.