La Belgique à la traîne ? "On prospecte sans arrêt", nous assure le cabinet de De Backer.

Le manque matériel médical constitue un problème récurrent dans la lutte contre le coronavirus. Les médecins ont tiré la sonnette d’alarme.

De combien de masques dispose-t-on chez nous, avec quel objectif ? La communication sur le sujet est assez cadenassée. Le ministre Philippe De Backer, chargé de l’approvisionnement des dispositifs médicaux, annoncera les nouveaux chiffres ce mardi. Vendredi, il a assuré que plus de 16 millions de masques chirurgicaux ont été reçus dont 11 millions ont déjà été répartis. Plus de 1 million de masques FFP2 ont été reçus et plus de 500 000 ont déjà été répartis. Selon son cabinet, 9 millions de masques chirurgicaux sont en commande, 5 millions de masques FFP2, 5 000 de masques FFP3, 1 600 de petits appareils de communication, 300 000 gants, 500 000 effaceurs pour effectuer les tests et différentes sortes de médicaments.

Sera-ce suffisant ? Très loin de là selon Catherine Fonck, chef de groupe CDH. Elle l’a rappelé sur le plateau de C’est pas tous les jours dimanche. "On va avoir besoin de centaines de millions de masques, de matériel, de stocks de médicaments. Soit on a la garantie absolue de pouvoir l’importer, mais ce n’est pas le cas, soit il faut un plan B en urgence avec une production propre en Belgique." La demande est énorme. La France vient d’annoncer avoir commandé 600 millions de protections respiratoires chinoises dont 74 millions de FFP2. Notre pays souffre clairement de la comparaison...

Et alors même qu’ils manquent, selon Paris-Match, Maggie De Block, ministre de la Santé, a renoncé à acheter 3 millions de masques FFP2. Une offre de commande faite à l’entreprise hennuyère Pharmasimple a été annulée dans des circonstances jugées "obscures" alors que les masques pouvaient pourtant être livrés à la Belgique cette semaine. "La quantité n’était pas conforme avec ce qui était convenu, la société a ensuite demandé le paiement d’un acompte alors que ce n’était pas prévu. Pharmasimple n’a pas respecté ses engagements", nous assure la porte-parole de Philippe De Backer. "Il faut savoir qu’on fait des commandes tout le temps, et qu’on prospecte sans arrêt."

L’avenir nous dira si le gouvernement a été à la hauteur. "On n’arrête pas d’être approvisionnés. Mais au vu de la demande, des masques, on va en manquer durant toute la crise. Une spéculation malsaine se déroule sur le marché. De notre côté, on achète tout ce qu’on peut acheter, dès qu’une opportunité se présente", nous indique une source proche du gouvernement. "On doit refuser 90 % des propositions qui nous sont faites. Il y a beaucoup de margoulins qui tentent de profiter de la situation ..."