Depuis vendredi matin, on est passé par toutes les couleurs de l’arc-en-ciel. Au réveil, vendredi, des mesures dures étaient annoncées avant le début de la conférence de presse du Comité de concertation fixé à 9 h. Une annonce fédérale qui a finalement fait plouf, avec quelques mesures additionnelles à celles annoncées la semaine précédente.

On s’attendait alors à un sursis d’une semaine avant l’évaluation des mesures décrétées le 16 octobre dernier. Mais c’était compter sans les annonces successives des entités fédérées. Par les voix d’Elio Di Rupo et de Pierre-Yves Jeholet, la Wallonie a été la première à annoncer de nouvelles mesures vendredi soir. Une bonne partie de ce qui avait été annoncé le matin même était donc à mettre au placard, en attendant l’intervention, samedi, de Rudi Vervoort, ministre-Président de la Région de Bruxelles-Capitale.

La capitale s’aligne ainsi sur le couvre-feu de 22 heures à 6 heures décrété sur le territoire wallon. Par contre, les choses vont plus loin au niveau du secteur culturel avec la fermeture de toutes les structures, cinémas, musées, salles de spectacles, etc. Idem pour les lieux récréatifs et de culte. Pour le télétravail, celui-ci est rendu obligatoire, avec des contrôles renforcés dans les entreprises aussi bien en Wallonie qu’à Bruxelles. Autre mesure additionnelle et différente d’un territoire à l’autre, on ne peut faire ses courses qu’à deux personnes maximum au sud du pays, mais tout seul dans la capitale.

Et la Flandre dans tout cela ? Une fois n’est pas coutume, le gouvernement dirigé par la N-VA suit à la lettre les recommandations fédérales. Sur le plateau de la VRT, le ministre-Président flamand, Jan Jambon, a indiqué qu’un durcissement des mesures n’était pas à l’ordre du jour. " Il faudra attendre 10 à 14 jours pour voir l’effet des mesures prises lors du dernier Comité de concertation, a-t-il indiqué. Voyons d’abord si l’effet de ces mesures se transforme également en une inflexion de la courbe. "

Une position facilitée par une situation moins tendue au nord qu’au sud du pays, où plusieurs hôpitaux affichent déjà presque complet et lancent des appels à l’aide.

Mais, finalement, que retenir de ce week-end ? Que notre pays n’a toujours pas réglé son problème de communication, nouveau gouvernement ou pas. Car un élément n’a pas été abordé lors de la conférence de presse de vendredi matin : le fameux baromètre des mesures. La Belgique est toujours placée au stade 4. Mais au stade 4 de quoi exactement ? Un récapitulatif clair et précis des différentes mesures est attendu depuis des semaines pour un passage automatique d’une série de mesure à une autre en fonction du stade de l’épidémie.

Non, la cacophonie va pouvoir commencer dans les jours à venir, même si Elio Di Rupo s’en défend. " Nous avons un socle commun que l’on discute au Comité de concertation, puis on adapte en fonction des réalités en Wallonie, à Bruxelles et en Flandre. Plutôt que de pointer les différences, pointons les points de convergence ", a-t-il déclaré sur le plateau de C’est pas tous les jours dimanche.

À voir si cela aura convaincu les nombreux Belges qui vont devoir jongler entre les règles des trois Régions du pays, notamment au niveau professionnel et/ou scolaire.

© D.R.