Depuis l’annonce du durcissement des mesures, vendredi dernier, ayant entraîné la fermeture du secteur Horeca, d’autres pans de l’économie craignent de suivre le mouvement. À commencer par les commerces jugés "non essentiels", qui pourraient subir de nouvelles restrictions allant jusqu’à la fermeture.

"À l’heure actuelle, personne ne sait ce que va décider le gouvernement dans les prochains jours", pointe Christine Mattheeuws, présidente du SNI. "Il faut en tout cas éviter de fermer les commerces car, tout comme ce n’est pas l’Horeca qui va sauver le pays, cela n’endiguerait pas la progression de la pandémie. C’est aux 11 millions de Belges d’agir, de respecter les mesures d’hygiène, de distanciation sociale. La seule mesure qui s’impose en urgence est facile à prendre et sans impact majeur sur la vie des citoyens : il faut imposer le port du masque, partout et tout le temps."

Christine Mattheeuws est cependant inquiète. "Le gouvernement semble vouloir attendre 15 jours à dater de l’annonce des mesures du précédent Comité de concertation avant de prendre de nouvelles mesures. Mais si les chiffres restent aussi mauvais, on peut nourrir des craintes."

En première ligne, les coiffeurs, esthéticiennes et autres professions où le contact avec le client est plus étroit. "Mais si on prend d’ores et déjà de nouvelles mesures allant jusqu’à la fermeture, c’est qu’on n’est pas convaincu que la fermeture de l’Horeca aura un impact. Et nous en sommes persuadés car il n’y avait absolument pas de raison de pointer du doigt ce secteur. Et si de nouvelles mesures sont annoncées, on attend du gouvernement qu’il nous prouve qu’elles sont prises dans des secteurs où la propagation du virus est avérée. Ce qui n’est pas le cas de l’Horeca."

Le SNI plaide aussi pour de réelles mesures compensatoires. "Il ne faut pas croire que les indépendants sont tous riches. La plupart travaillent beaucoup et ont besoin de travailler pour vivre. Les aides qui sont accordées ne suffisent pas pour nombre d’entre eux. Sans soutien réel et important, c’est leur activité qui est en péril. Dans la restauration, mais aussi dans les autres secteurs. Le gouvernement fait des efforts. Les différents ministres nous écoutent et n’agissent pas aveuglément. Mais il faut envisager des mesures de soutien et ne pas se précipiter dans l’adoption de mesures qui pourraient paralyser certains indépendants sans preuve que leur activité peut présenter un risque réel dans la propagation du virus."