Ce lundi, la Belgique est passée en couleur jaune sur son baromètre Corona, ce qui signifie que la population peut presque vivre normalement. Invité sur la matinale de Bel RTL, Yves Van Laethem est revenu sur cette nouvelle étape. "Une porte se referme. Mais il y a encore une lucarne ouverte", a-t-il poétiquement annoncé. En d'autres termes, le Covid est beaucoup moins présent... mais n'a pas disparu pour autant. "On ne sait pas de quoi demain sera fait. On a poussé le bouton pause mais pas le bouton fin", a-t-il également ajouté.

La Belgique, et le monde dans sa globalité, doivent surtout tirer les conclusions de cette longue crise. "Bien évidemment, la population doit profiter des beaux jours. Mais les politiques tout comme les scientifiques doivent rester sur leurs gardes. Nous devons nous préparer à une suite pour éviter la situation de février/mars 2020. Le but: avoir un plan pour éviter la prochaine pandémie... ou le rebond de celle-ci."

La question que la population se pose est surtout de savoir pendant combien de temps elle sera réellement débarrassée de ce virus. "C’est une immunité qui va durer au moins pendant 6 mois, à peu près. Après ça elle va quand même faiblir. Elle va nous garder une certaine protection contre les formes sévères", a affirmé le porte-parole interfédéral.

Autre nouvelle importante: la mise au frigo du système CST. "Nous devons garder l'outil. Même s'il faut changer le nom car il a reçu un missile de différents tribunaux, en tout dans la partie francophone du pays. Le CST, tout comme le baromètre, doivent être remis dans un tiroir. Mais nous devons garder ces outils qui pourraient nous aider en cas de réplique de la pandémie." Ce CST avait beaucoup divisé le pays. A-t-il réellement été utile? "Difficile de répondre scientifiquement à la question", estime Van Laethem. "Tous les pays ont un CST différent en fonction de la population. On ne peut donc pas jurer qu'il a sauvé des vies. Par contre, la vaccination, qui fait partie du CST, a permis d'éviter plus de 30 000 hospitalisations dans notre pays."

Si la majorité des mesures sont levées, il faut encore porter un masque dans les transports en commun et les établissements de soins. Pourquoi ce choix? "Il s'agit de deux endroits sensibles. De un parce qu'on est nombreux et proche dans les transports en commun. Et de deux parce que les établissements de soins impliquent des personnes fragiles. N'oublions pas non plus que le virus circule encore. Son incidence est encore de plus de 800 par 100.000 habitants sur deux semaines, donc 8 à 10 fois plus que ce qu’on souhaiterait avoir comme présence de base du virus."

Pour autant, ces deux mesures devraient également disparaître dans le temps. "Je pense que ça va durer encore quelques semaines à peu de mois. Le temps que l’on sorte de l’hiver, qu’on soit au printemps, que l’incidence diminue encore fortement. Et avec un peu de chance, d’ici 3 à 6 semaines ou 2 mois on pourrait laisser tomber le masque partout."

En dehors du masque, les Belges devront-ils encore se faire vacciner? Pour Yves Van Laethem, les personnes à risques auraient raison d'encore se faire vacciner en fin d'année. "Il est fort probable qu’il y ait une recommandation vers septembre-octobre d’être vacciné, en tout cas pour la population fragile, à peu près les mêmes personnes qui sont vaccinées contre la grippe. Comme la troisième dose a été donnée vers octobre – novembre, on sera presque un an plus tard alors qu’on sait qu’au bout de 4 mois on perd déjà significativement sa protection. Pour les personnes fragiles et âgées, ce sera le bon moment."

Lorsqu'il regarde dans le rétro de la crise, le scientifique pointe un seul réel regret. "A posteriori, lorsque l'on voit toutes les décisions que l'on a prises, je pense qu'on a essayé de pondérer entre le scientifique et le faisable. Ceci étant dit, je pense également que l'on a trop relâché les mesures en septembre 2020. Nous avions demandé aux politiques de ne pas laisser une trop grande liberté à la population. Cela a eu lieu, c'est un regret. Et cela a probablement accentué cette deuxième vague", a-t-il conclu.