Belgique L’État islamique vient d’exprimer des nouvelles menaces contre la Belgique. Et elles n’ont jamais été aussi inquiétantes...

"Ce n’est pas une menace ou une parole en l’air. C’est une déclaration de guerre et les plans sont déjà prêts." C’est ainsi que débute le message laissé par un djihadiste syrien originaire d’Anvers. "Tout va être concerné en Belgique. Les bibliothèques, les écoles, les hôpitaux, les rues commerçantes, les discothèques… Tous les endroits où on peut trouver des infidèles. Nous ne tenons plus compte de toutes ces discussions au sujet des victimes innocentes. Tous les infidèles seront assassinés. Nous les tuerons comme ils nous tuent. Compris ?", assène l’Anversois, qui ne dit pas où et quand le pays pourrait être frappé.

Cependant, il insiste : des attentats sont inévitables. "Dans les jours, les semaines, les mois et les années à venir, il n’y aura plus que de la terreur dans vos quartiers, dans vos rues, dans vos maisons et vos chambres à coucher", poursuit-il.

Ce qui inquiète , c’est que celui qui s’exprime ainsi n’est pas n’importe qui. Il s’agit en effet d’Abdellah Nouamane, un Anversois d’une vingtaine d’années qui est membre de l’organisation Shariah4Belgium. Celui-ci se fait appeler Abu Jihad Al-Belgiki et se trouve, depuis juin 2013, en Syrie.

À l’origine, l’homme a combattu dans les rangs de Jabhat Al-Nusra, l’antenne d’Al Qaïda en Syrie, avant de rejoindre le camp de l’État islamique (EI). Là, il s’y est notamment fait photographier en compagnie de membres de la Katiba Al-Battar, la brigade d’élite qui avait mis au point le complot finalement déjoué de Verviers.

S’il n’est pas confirmé que Nouamane était impliqué à Verviers, l’homme fait donc partie de la cellule qui a envoyé en Belgique des terroristes avec des intentions d’attentats concrètes. Il y a d’ailleurs peu de doutes que la brigade attende encore pour retenter sa chance. "C’est clair à bien des égards que cet homme ne s’exprime pas pour lui-même, mais au nom d’un groupe plus important", analyse Montasser AlDe’emeh, un spécialiste en djihadisme, qui a reçu l’enregistrement sonore par WhatsApp.

Étant allé lui-même, l’année passée, sur le front dans le cadre de ses recherches, l’homme y a conservé des contacts avec plusieurs djihadistes flamands. "C’est l’un d’eux qui m’a transmis le message de Nouamane, en me demandant de le diffuser", explique Montasser AlDe’emeh. Ce que ce chercheur souligne, c’est que le message s’adresse aussi aux musulmans de Belgique. "Vous êtes les lions dormants qui doivent se réveiller pour abattre chaque infidèle dans la rue", insiste-t-il en se tournant vers eux.

Montasser AlDe’emeh explique être persuadé que la majorité des musulmans belges ne sont pas du tout sensibles à tous ces discours. "Mais la chance est réelle que des individus tombent néanmoins dans la violence. C’est pour cela que je veux ouvrir les yeux sur ce qu’est en train de semer l’EI", indique-t-il.

Selon le chercheur, le groupe terroriste n’essaie pas seulement de frapper la Belgique mais aussi de semer la discorde au sein de notre société. "L’EI n’est jamais aussi comblé que lorsque l’islamophobie grandit. Ils peuvent alors dire aux musulmans de l’Occident qu’ils ne sont pas en sécurité et qu’ils feraient mieux de rejoindre le califat. Les islamophobes sont les alliés objectifs de l’EI !", analyse Montasser AlDe’emeh.

Cet académicien a ainsi toujours plaidé contre la répression exagérée et considère que le procès contre Shariah4Belgium était un spectacle politique. "Mais nous devons réaliser que chaque combattant de l’État islamique qui revient de Syrie peut avoir de mauvaises intentions. Qu’ils soient interpellés à leur retour ne me dérange pas. Les autorités doivent faire clairement comprendre que ceux qui appartiennent à l’EI ne peuvent pas revenir ainsi. Au moins, ceux qui partent savent à quoi s’en tenir. Je pense même que nous sous-estimons encore fort le danger que représente l’EI !"