Photos "mégalos, star du web et d’une émission télé : Michel Daerden ne cesse de redéfinir les contours du politique. Bien sérieux?

Edito: Quand le grain de folie devient mégalomanie...

Ave Michel, que de perles…


BRUXELLESJe suis venu, j’ai vu, j’ai vaincu. Sans doute la maxime la plus célèbre de Jules César, dont nos confrères de Paris- Match, dans le numéro paru cette semaine, osent la comparaison avec… Michel Daerden.

Farfelu ? Pas tant que ça. Notre pipolitique, lui aussi, a su, sous la tente impériale, disposer ses pions de manière aussi stratégique qu’habile, en fin calculateur, pour devenir le général des votes aux victoires politiques qu’il est aujourd’hui.

Sauf que, tout de même, rendons à César ce qui n’est pas à Daerden, jadis le Romain savait fédérer (par les armes s’il le fallait) tout le monde autour de lui. Alors que notre ministre fédéral des Pensions, au gré du temps, des buzz alcoolisés ou non, des triomphes de scrutin mérités ou pas (seule la vérité des urnes a lieu d’être), divise encore et toujours plus.





Dernière illustration en date, juste au cas où les clichés (jolis, mais ce n’est pas la question) ci-contre ne suffiraient pas à titiller les consciences ? Pas plus tard que mardi prochain, la RTBF diffusera sur La Une Les XII Travaux de Michel Daerden, une émission ludique où l’invité d’honneur est appelé à relever douze défis qui devraient nous permettre d’en savoir plus sur une facette inexplorée d’un pipole.





Une démonstration limite-limite supplémentaire de ce dans quoi Michel Daerden est passé maître : l’art d’être sur tous les fronts, même ceux que sa fonction ne le prédispose pas à arpenter.

Pipole, donc. Le mot est sorti, vous pensez bien, lorsqu’on a pu rencontrer Michel Daerden dans le cadre de la promotion de ladite émission. “Moi, un pipole ? Non. On me prête ce qualificatif parce que les gens m’aiment bien. Mais je vous rassure : je suis encore un homme politique ! Que je sache, je me rends toujours au Parlement, comme aux élections…”





Certes, mais une chose est acquise, les limites entre sérieux et loisirs n’ont jamais été aussi floues qu’avec Papa. Comme dans un de ces défis où le politicien prépare la tambouille pour les résidents d’un home d’Ans.

Ambigu, lorsque l’on sait qu’Ans est son fief en tant que bourgmestre et qu’il gère, au fédéral, le portefeuille des Pensions… Réponse du tout frais sexagénaire : “Vous voyez, que l’émission n’est pas un investissement idiot !”, saupoudrée de son expression faciale amusée, et de son ton enjoué si utile pour disperser les journalistes.

Mais si l’ovni Daerden n’est pas exempt de reproches, deux qualités sont au moins à mettre à l’actif de l’homme : la clairvoyance, comme le fait qu’il assume tous ses actes. Il nous l’a encore prouvé, se fendant d’un si juste “je ne peux pas vivre sans m’amuser”, pouvant à lui seul résumer tous ses dérapages. Sans les légitimer, il va de soi.

Quant aux critiques qui pourraient fuser (de ses confrères de la chose politique comme de la plèbe) suite à sa participation à l’émission ou à la publication de photos si travaillées, Daerden Senior les désamorce d’ores et déjà d’un : “Voilà plus de quinze ans que je suis ministre, plus de vingt ans que je suis parlementaire. J’ai appris à vivre avec la critique !”

Et d’ajouter : “Vous aurez aussi probablement observé que de plus en plus d’hommes politiques apparaissent dans ce genre d’émissions, et ce, tous partis confondus. C’est l’évolution. À partir du moment où les choses se font de manière correcte…”

Il n’empêche, on n’a jamais vu Didier Reynders, pourtant véritable bête de médias lui aussi, se pavaner devant les flashs avec sa Cléopâtre.

Veni, vidi, (bibi ?), vici, donc, M. Daerden ? Certes. Mais attention, abondance d’excès tue l’excès. Comment dit-on trop is te veel en latin ?