L'intéressée s'opposait en effet à la mesure de suspension provisoire prise à son encontre pour une durée de quatre mois le 15 octobre dernier. Lors de son audition, la policière, qui a depuis lors été provisoirement affectée à un nouveau lieu de travail, s'est expliquée sur son geste. "On me voit faire un salut nazi. En fait, monsieur était en train de s'exprimer en slovaque, rudement, fort et très vite. M. A. (une collègue, NDLR) qui était à la sortie de la cellule me regarde et voit une expression sur mon visage. Elle me demande ce qu'il fait. Je lui réponds qu'il s'exprime comme... et puisque je ne retombe plus sur le nom d'Hitler, je lui fais le signe. Mais il n'y avait aucune connotation négative de ma part, ni aucune intention particulière. Avec le stress et l'adrénaline, je ne retombais plus sur le nom et c'est la première chose qui m'est venue", lit-on dans l'arrêt du Conseil d'Etat.

Le 15 octobre dernier, la ministre de l'Intérieur Annelies Verlinden (CD&V) a toutefois décidé de suspendre provisoirement et pour une période de quatre mois l'intéressée, qui risque une sanction disciplinaire de démission d'office.

Pour justifier l'urgence à statuer, la requérante déplorait que la mesure de suspension attaquée l'empêcherait de poser sa candidature à d'autres postes au sein de la police fédérale, explique le Conseil d'Etat. Il a toutefois été jugé que cet élément ne présentait pas un caractère de gravité et d'irréversibilité de nature à justifier l'urgence requise pour suspendre l'exécution de l'acte attaqué, répond la juridiction.

La policière se prévalait également de l'opprobre dont elle ferait l'objet en raison de l'exécution de la décision. Le Conseil d'État a toutefois considéré que cet inconvénient ne résulte pas de cet acte, "eu égard à la large médiatisation réservée à l'ensemble de cette affaire".