On vous emmène cette semaine à la découverte de Darwin à la Cité Miroir, mais aussi à l’Aquarium-Muséum, tous deux à Liège, et au Muséum des Sciences naturelles de Belgique.

À l’heure où tous les messages, toutes les théories, dont nous sommes bombardés, qu’ils soient exacts ou complètement farfelus, disposent du même espace sur les réseaux sociaux, voici le genre d’exposition qui remet les pendules à l’heure. La Cité Miroir, à Liège, accueille Darwin, le père de la théorie de l’évolution, une exposition itinérante montée par le Centre d’Action laïque qui célèbre cette année ses 50 ans, et déjà présentée à la Cité des Sciences de Paris puis en Argentine où Darwin mena nombre de ses investigations.

Charles Darwin (1809-1882) est à la fois célèbre et méconnu ; biologiste, naturaliste, scientifique reconnu, il fut aussi humaniste, anti-esclavagiste et pionnier de l’éthologie animale et humaine, pour qui l’empathie et la collaboration étaient également le résultat de l’évolution. Pourtant, certains se sont approprié ses idées pour les déformer et les invoquer à tort et à travers pour de très mauvais motifs.

Il naît dans un milieu aisé et ouvert aux idées nouvelles. À 22 ans, il mènera l’expédition du HMS Beagle qui le mènera à réaliser un tour du monde dans l’hémisphère Sud en 1741 jours, soit une aventure de 5 ans au cours de laquelle il récolte nombre d’échantillons qu’il prendra le temps d’analyser à son retour. Il attendra 1859 pour publier l’Origine des espèces, ouvrage qu’il a rédigé en 13 mois et destiné tant aux scientifiques qu’au grand public.

Il faut se souvenir qu’au début du XIXe siècle, en Angleterre, la science faisait partie de la théologie naturelle et n’était donc pas indépendante des dogmes chrétiens. Autant dire que les idées sur la transmutation des espèces étaient controversées et évolueront progressivement, le livre de Darwin arrivant à point nommé.

L’exposition évoque Darwin et son temps, son tour du monde, invite aussi le public à changer ses repères, notamment les échelles pour bien comprendre la théorie de Darwin, l’échelle du temps par exemple - on ne compte pas en quelques générations mais en milliers de générations et parfois en millions d’années, et non plus en un individu mais en populations entières.

La révolution darwinienne est aussi importante que la copernicienne qui ne plaçait plus la terre au centre de l’Univers en ce sens où l’homme n’est plus au sommet du monde animal. Diverses expériences interactives permettent au public d’enquêter avec Darwin sur les hypothèses et les faits qui lui permettent de conclure, l’exposition se terminant sur le Darwin intime, père de dix enfants.

Se renseigner

Darwin, l’original - Cité Miroir, à Liège, place Xavier Neujean, 22, jusqu’au 2 février 2020 ; visite à combiner au même endroit avec l’exposition Tous croyants ? organisée par le centre d’action laïque de la province de Liège dans le cadre des 50 ans du CAL, histoire d’éveiller l’esprit critique du visiteur en abordant le monde avec un peu de recul. www.citemiroir.be - www.expodarwin.be

Aquarium-Muséum - ULiège, 22, quai Van Beneden, 4020 Liège Saru - singes du japon : à la rencontre des singes des neiges, à voir jusqu’au 01/12. aquarium-museum.uliege.be/

Muséum des Sciences naturelles de Belgique 29, rue Vautier, 1000 Bruxelles Antarctica : jusqu’au 30 août 2020. Pour le calendrier des activités : www.sciencesnaturelles.be