La préformation échouera tant que l’on ne s’attaquera pas au noeud du problème, selon le président de l’Open-VLD

BRUXELLES Impossible d’arracher le moindre mot à Alexander De Croo. L’homme par qui le pays est dans l’impasse que l’on sait, se tait dans toutes les langues. “Pas pour longtemps”, promet-il.

Attendant de savoir s’il sera invité par le Palais, avant de s’exprimer, Alexander De Croo s’est contenté d’un communiqué. Impossible dès lors de savoir ce qu’il tire comme enseignement(s) de la démission d’Yves Leterme, qu’il provoqua, et des élections qui suivirent.

Comme l’analysait récemment Pascal Delwit, dans nos colonnes, si le président de l’Open-VLD a fait tomber le gouvernement dans le but de gagner le scrutin, il a échoué. Par contre, s’il l’a fait pour aller dans l’opposition, il a rempli sa mission.

Jusqu’à présent… Sauf que son parti dispose de moins de députés, mais aussi de moins de collaborateurs et que sa dotation a fortement baissé.

Sans parler du MR qui, lui aussi, s’est trouvé affaibli par la posture de son parti-frère. Vraiment dommage donc, de n’avoir pu faire réagir De Croo face à cette réalité et de devoir se contenter d’un communiqué, sec comme un parchemin de l’Egypte pré-pharaonique.

Le titre vaut à lui seul une année de langue de bois : “La préformation échouera tant que l’on ne s’attaquera pas au nœud du problème”.

Et le président de l’Open-VLD de réclamer, en premier lieu, un accord clair sur les flux financiers. “Sans cela, la réforme de l’Etat sera bâtie sur des sables mouvants”, note-t-il encore. De Croo junior précise plus loin que, sans accord détaillé sur la répartition des moyens entre les différentes entités fédérées, aucune réforme de l’État cohérente ne sera envisageable.

Sans compter les énormes efforts budgétaires que les régions devront effectuer, au cours des prochaines années. “À moins que l’on aille chercher l’argent, dans les poches du contribuable”, ironise-t-il. Expliquant, plus loin : “Ce n’est pas notre choix et ce ne le sera jamais !”

Qui l’eut cru ? ! Alexander De Croo est, en effet, persuadé que notre pays a besoin d’une réforme de l’Etat qui mettra fin aux tensions communautaires ainsi qu’à la longue période d’incertitude que nous avons connue.

Selon le président des libéraux flamands, pareille réforme doit avoir pour seul et unique but de diminuer les conflits, de créer des paquets de compétence homogènes ainsi qu’une gouvernance efficace.

Afin d’être plus concret, le même ajoute que la Flandre doit être pourvue des leviers socio-économiques qui lui permettront de mener une politique de création d’emploi, mais également d’aide aux personnes et d’investissement.

A. G


© La Dernière Heure 2010