La situation épidémiologique ne cesse de se dégrader en Belgique. Alors qu'un comité de concertation se réunit ce vendredi pour une nouvelle évaluation des mesures, les députés ont plus que jamais appelé à ce que les autorités resserrent la vis.  "Alors que nos voisins reconfinent, nous on chipote, on se tâte, on prend des bouts de mesures tous les jours", a fustigé Catherine Fonck (cdH). "La lasagne institutionnelle avec des décisions en ordre dispersé crée l'incompréhension des citoyens et donc tout sauf l'adhésion. Où est le pilote de l'avion ? Ça doit être vous. Vous devez reprendre la main avec des mesures fortes et plus cohérentes. Plus vous tarderez à le faire plus les mesures devront s'éterniser."

"Une cacophonie qui nous a fait perdre du temps"

Des critiques auxquelles a fait écho Sophie Rohonyi (DéFI), qui a également pointé du doigt la façon dont les décisions ont été communiquées ces derniers jours. "Une cacophonie qui nous a fait perdre un temps précieux mais qui a également semé la plus grande confusion au sein de la population, a regretté Sophie Rohonyi (DéFi). Comment voulez-vous qu'ils agissent en équipe alors que les autorités n'y arrivent pas ? Nous sommes 14 jours après la fermeture de l'horeca et on voit que la situation est toujours catastrophique dans les hôpitaux. Pourquoi la France prend des mesures et pas nous ? Pourquoi attendre le comité de concertation de ce vendredi pour prendre les choses en main ?" 

Du côté des socialistes flamands, on demande également au Premier ministre d'afficher davantage d'unité dans la gestion de cette crise sanitaire."Nous n'avons pas besoin de 4 conférences de presse, mais d'une seule", a argumenté Joris Vandenbroucke (sp.a). "Le virus gagne lorsque nous sommes partagés. Il est important que tout le monde soit sur la même longueur d'onde." Le député PS, Hervé Rigot, a aussi encouragé Alexander De Croo à parler d'une seule et même voix, insistant sur la nécessité de mettre un terme à la discorde de ces derniers jours.

"Il faudra fournir un effort de longue haleine"

Le Premier ministre est d'abord revenu sur les problèmes de communication qui ont été pointés par plusieurs députés. "Nous sommes actuellement dans un reconfinement partiel, a rappelé M. De Croo. En concertation avec les ministres-présidents, nous avons ancré cela dans un arrêté ministériel. Aujourd'hui, les gouvernements mènent cette lutte côte à côte. C'est grâce à cette union et cette clarté que nous pourrons soutenir le personnel soignant. Il n'y a plus une zone du pays qui est moins touchée qu'une autre. Nous sommes ensemble dans cette crise sanitaire."

Il a reconnu que les chiffres étaient inquiétants, tout comme la situation dans les hôpitaux. "Aujourd'hui, le taux de reproduction s'est stabilisé à 1,4. Ce chiffre est trop haut, même s'il est plus petit que celui observé pendant la première vague. Nous devons tout faire pour qu'il diminue", a affirmé le Premier ministre. "D'autres chiffres indiquent qu'il faut respecter les règles dans les prochaines semaines. Si nous voulons sortir de cette période à risque, nous devons fournir un effort de longue haleine. Ce sera l'un des sujets abordés demain au cours du comité de concertation." Le libéral a ensuite expliqué que le comité de concertation se basera sur des rapports de scientifiques et tirera de leurs observations les conclusions nécessaires. S'il n'a pas détaillé les mesures qui se trouvaient sur la table comme l'avait demandé Sophie Rohonyi, il n'a pas écarté un nouveau tour de vis à l'instar de ce qu'a fait la France ce mercredi 28 octobre.

Un virus plus rapide que le gouvernement

"Le problème c'est que le virus va beaucoup plus vite que vous", a répondu Mme Rohonyi (DéFI) après la prise de parole du libéral flamand. "Plus vous attendez, plus vous allez vous mettre le personnel soignant à dos. Ne cédez pas aux appels égoïstes de certains."  Les écologistes flamands, par la voix de Kristof Calvo, ont également fait connaître leur volonté de voir des mesures plus fortes être prises et surtout de voir ces nouvelles règles s'appliquer à l'ensemble des citoyens, contrairement à ce qui a été fait au cours de la semaine. "Il y a le feu dans la maison Belgique", a alerté enfin Hervé Rigot (PS). "Il faut agir maintenant. Nous ne pourrions accepter que les hôpitaux doivent choisir qui sera soigné ou non."