Les refuges tirent encore la sonette d’alarme. Malgré la sensibilisation, les Belges continuent d’acheter et d’abandonner.

"On a eu un été très difficile, ce n’est plus gérable !" , tel est le cri du cœur de Sébastien De Jonge, directeur du refuge pour animaux Sans Collier .

Depuis le début du mois de juin, l’ASBL doit faire face à une affluence énorme dans son refuge. Et c’est malheureusement devenu une habitude pour le personnel qui est en première ligne lors de cette période particulière.

De nombreux chiens leur sont ainsi apportés chaque semaine. Rien que cet été, l’ASBL Sans Collier en a recueilli 384, contre 284 l’été précédent. Au début du mois de juillet, une quarantaine de chiens sont arrivés la même semaine.

La situation des chats est encore bien plus préoccupante : le refuge en a accueilli 30 % de plus que d’habitude. "Si on les acceptait tous, on devrait prendre cent chatons par semaine !", déplore le directeur. "Avant, c’était surtout des chats trouvés, mais maintenant, c’est des abandons. Les maîtres veulent que leur chat soit parfait, sinon ils s’en débarrassent", dénonce-t-il.

Pour le directeur, les réseaux sociaux jouent un rôle important dans l’augmentation du nombre d’abandons d’animaux. "Avant, il fallait avoir une démarche de recherche active pour acheter un animal. Maintenant, il suffit de suivre une ou deux pages liées à des animaux pour voir apparaître des petites annonces sur son fil d’actualité Facebook. Les achats se font de manière compulsive". Il dénonce également un manque de responsabilité de la part de certains maîtres.

Chez Veeweyde, on rapporte également des abandons de furets. Le refuge accueille également des hamsters, des lapins, des poneys et des ânes dont le propriétaire s’est lassé.

La situation ne devrait malheureusement pas s’améliorer dans les jours qui viennent puisque la rentrée est, au même titre que le début des vacances, souvent l’occasion pour des maîtres peu scrupuleux ou débordés de se défaire de leur petit compagnon.

Une bonne nouvelle vient cependant adoucir ce tableau bien sombre : le nombre d’adoptions est en hausse dans la plupart des refuges. Veeweyde a même battu le record du nombre d’animaux adoptés le même jour : 7 chiens ont été emmenés par leur nouveau maître samedi passé.


La loi belge punit les abandons

Les personnes qui abandonnent délibérément leur animal de compagnie s’exposent à de lourdes peines. La loi belge prévoit une peine d’emprisonnement qui peut aller d’un à trois mois ainsi qu’une amende qui peut aller de 52 à 2.000 euros.

En cas de récidive moins de trois ans après la première condamnation, les peines de prison sont doublées et les amendes sont portées à 5.000 euros ou à 12.500 en cas de maltraitance ou de négligence grave.


Nos animaux de compagnie peuvent se transformer en envahisseurs

Abandonner son animal de compagnie dans la nature peut avoir de lourdes conséquences, que ce soit pour l’animal lui-même ou plus largement pour l’environnement et la biodiversité.

Ainsi, des personnes ayant un jour craqué pour une ou plusieurs jolies petites tortues de Floride se sont rendues compte que cet animal ne leur convenait pas et les ont relâchées dans la nature, causant de graves problèmes environnementaux.

Certains propriétaires mal renseignés ne savent pas que cette espèce peut atteindre 60 centimètres et près de huit kilos à l’âge adulte. Et là, c’est le drame : la tortue de Floride est une espèce qui peut se révéler très agressive, au point d’attaquer les oisillons des cygnes et des canards, des poissons ou encore des tortues d’eau européennes. À tel point que les experts la considèrent comme une véritable menace pour les espèces indigènes.

Le poisson rouge aussi peut constituer une véritable nuisancedans nos régions, malgré son air innocent. Lorsqu’il n’est pas contraint par un bocal, ce petit animal de compagnie apprécié de toute la famille peut se transformer en un gigantesque envahisseur. Omnivore dans la nature, le poisson rouge sauvage ne se gêne pas pour engloutir toute denrée comestible se trouvant à sa portée, quitte à priver les autres espèces de nourriture, causant leur mort. En plus, ces poissons se multiplient très rapidement et peuvent donc coloniser un étang entier en très peu de temps.