De nouveaux incidents sont survenus en marge de la manifestation contre les mesures sanitaires qui s’est déroulée à Bruxelles hier. Le cortège est parti de la gare du Nord pour rallier la place Schuman. Sur le coup de 16 heures, la police a essuyé des jets des projectiles et des feux d’artifice.

S’est ensuivie une charge de la police à coups de gaz lacrymogène et d’autopompe. La police a procédé aux arrestations administratives de 20 personnes. Quatre manifestants ont été transportés à l’hôpital pour y recevoir des soins, ainsi que deux policiers.

Le départ a été donné vers 13 h 25 à la gare du Nord où 8 000 personnes s’étaient donné rendez-vous, contre 35 000 il y a deux semaines lors de "l’Acte 1". Certains manifestants ont dévié de l’itinéraire par la rue Royale. Ils ont été priés par les stewards de revenir sur l’itinéraire initial.

"Vers 15 h 15, un groupe a délibérément cherché la confrontation avec la police au barrage installé sur l’avenue d’Auderghem. Des projectiles ont été lancés et nos services sont intervenus. L’arroseuse a été utilisée. Du gaz lacrymogène a également été utilisé", explique Ilse Van de Keere, porte-parole de la zone de police Bruxelles Capitale Ixelles.

Plusieurs poubelles ont été incendiées dans la rue Belliard. Des détritus et poubelles ont également été incendiés dans l’avenue d’Auderghem.

Vers 15 h 40, la police a appelé à la dislocation de la manifestation. "Nous avons procédé au refoulement des personnes qui ne voulaient pas quitter le secteur, à proximité du Cinquantenaire", précise Ilse Van de Keere. "Nous avons connaissance de plusieurs véhicules de police endommagés. L’inventaire est en cours de rédaction."

"Nous voulons une approche démocratique de cette crise et non dictatoriale", déclarent les organisateurs. "Les mesures prises, comme le Covid Safe Ticket, sont contraires à nos droits fondamentaux et discriminatoires."

Une partie des participants est vaccinée, ce qui ne les empêche pas de contester la gestion de la pandémie. "Les vaccins ne sont pas le problème, c’est le fait de penser à les rendre obligatoires", disent-ils. "Que ce soit pour le personnel soignant ou pour l’ensemble de la population, une telle obligation va à l’encontre de nos libertés et est inacceptable."

À la tête du cortège se trouvaient des délégations de pompiers et de soignants, qui s’érigeaient contre cette fameuse obligation vaccinale. D’autres manifestants dénoncent eux les vaccins et parlent d’une "expérience génétique à grande échelle". Tant les autorités que les médias sont visés par les critiques et la méfiance, voire parfois l’agressivité à peine voilée.

Un "climat enflammé et polarisé" où "les discours de haine sont de plus en plus acceptés"

© Ennio

La résistance aux La résistance aux mesures sanitaires s’est accrue ces derniers mois et mène à davantage de polarisation, d’extrémisme et de menaces, a conclu l’Ocam, l’organe de coordination pour l’analyse de la menace, dans un rapport que la VRT a pu consulter. L’Ocam pointe les différentes manifestations et actions organisées ces derniers mois, celle d’hier dimanche étant la dernière en date, pour protester contre les décisions prises afin de lutter contre le Covid-19. L’Acte 1 de la manifestation "pour les libertés", qui avait rassemblé plusieurs dizaines de milliers de personnes, a été "marquant" selon l’Ocam. "Des organisations de divers horizons ont rassemblé leurs forces pour la première fois dans le but de critiquer la gestion" de la pandémie. Un "contre-mouvement" qui réussit à prendre une place de plus en plus imposante dans l’espace public.

La protestation mène à des appels toujours plus aigus, des menaces, des messages de haine, créant un climat "enflammé et polarisé", écrit l’Ocam. "Les discours de haine envers les politiques, les médias et les virologues semblent ainsi devenir de plus en plus socialement acceptés."

Une éventuelle obligation vaccinale pourrait alimenter d’autant plus les protestations, à l’instar de ce qu’il s’est passé avec l’introduction du pass sanitaire.