De nouvelles restrictions européennes sont entrées en vigueur mardi en ce qui concerne les substances chimiques utilisées dans les encres de tatouage et le maquillage permanent. Une série de substances, déjà limitées dans certains États membres, se voient balisées à l’échelle européenne.

La nouvelle réglementation suit une évaluation de l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA). Celle-ci a indiqué que des solutions de remplacement "plus sûres et techniquement adéquates" existaient pour les substances dangereuses interdites, à l’exception de deux colorants, bleu (Pigment Blue 15:3) et vert (Pigment Green 7).

Ces deux pigments bénéficient donc d’une "période de grâce" et ne seront limités que dans un an, de quoi laisser le temps à l’industrie du tatouage de trouver une alternative valable, selon l’Europe.

Pour les autres substances, des limitations entrent en vigueur : interdiction ou limite de concentration maximale, par substance ou par groupe de substances.

Risque de cancers

Il s’agit de plus de 4 000 produits chimiques, métaux, colorants, amines aromatiques, hydrocarbures aromatiques, etc., dont on reconnaît le risque de provoquer des cancers ou des mutations génétiques, de perturber la reproduction, d’irriter la peau ou de la rendre plus sensible. "L’objectif n’est pas d’interdire le tatouage mais de rendre plus sûres les couleurs utilisées dans les tatouages et le maquillage permanent", assure l’Agence européenne des produits chimiques.

Les restrictions inquiètent en tout cas les tatoueurs. Sur son site internet, l’ASBL Tatouage Belgique indique que les quelques marques d’encre qui respectent la nouvelle législation sont actuellement "en rupture de stock", et craint que certains tatoueurs ne puissent plus travailler.