De qui se moque-t-on?

Belgique

Philippe Crêteur

Publié le

De qui se moque-t-on?
© Demoulin

L'aéroport Kazakh n'a jamais été fermé

BRUXELLES On a un peu l'impression qu'on se fiche du monde. Dans la nuit de jeudi à vendredi, un Airbus de la Force Aérienne devait ramener au Kazakhstan une trentaine de Kazakhs dont la demande d'asile politique avait été refusé dans notre pays. L'Airbus aurait du décoller vers 20h; il l'avait fait finalement vers 1h, vendredi matin. Toutefois, arrivé à Almaty, l'Airbus avait rebroussé chemin. Officiellement, à la fois selon le porte-parole du ministre de l'Intérieur et le service de presse de l'armée belge, parce que l'aéroport principal était fermé vu les mauvaises conditions météo (neige et brouillard). Le porte-parole d'Antoine Duquesne précisait même que les deux aéroports de délestage étaient eux déconseillés.

Et pourtant. `Les appareils n'étaient confrontés à aucun problème à l'aéroport d'Almaty, ni au décollage, ni à l'atterrissage´ devait confier la porte-parole de l'aéroport kazakh à l'Agence BELGA vendredi. ` Je ne peux évidemment juger du fait que le commandant de bord de l'airbus en provenance de Belgique ait estimé que les conditions climatiques n'étaient pas adéquates´, a ajouté la porte-parole.

`Il revient au commandant de bord de juger de ce qu'il peut ou ne peut pas faire. Parmi ces prérogatives, il y a l'estimation des conditions climatiques. Tout ce que je peux vous confirmer, c'est que nous n'avons eu à annuler aucun vol jeudi et vendredi. Nous avons l'habitude de travailler dans des conditions hivernales. Ces jours-ci, les températures étaient égales à zéro degré et même légèrement positives. Aucun problème de ce côté, donc´.Un retour impromptu - un nouveau départ devrait avoir lieu ce week-end - qui va nous couter un peu plus de 2 millions de francs et qui ne va pas aider notre pays à renforcer son image à l'étranger.

Et pourtant. Ce dossier Kazakh avait été particulièrement bien géré par l'Office des Etrangers et singulièrement par son patron, Stéphane Schewebach, qui avaient obtenu le soutien total du gouvernement kazakh pour ce rapatriement. On se souvient que les demandeurs d'asile avaient été alléchés par des tour-opérateurs peu scrupuleux qui avaient décrit la Belgique comme un pays de cocagne. Depuis lors, ezt surtout depuis que l'aide financière a été remplacée par une aide matérielle, on nous confirme que les départs volontaires des Kazakhs se multiplient.

Par ailleurs, le ministre de l'Intérieur s'est expliqué sur la nouvelle politique d'asile et d'immigration décidée par le gouvernement. Aucune autre politique n'est possible et la ligne sera maintenue. Antoine Duquesne affirme qu'il `n'a nullement l'intention de se rendre complice des filières qui s'alimentent de cette situation présentant la Belgique comme pays où il est possible d'obtenir le plus facilement du monde une importante aide financière et de rester sur le territoire, même sans se trouver dans les conditions de l'asile, en raison des procédures longues et complexes de nos administrations´.

Antoine Duquesne explique les difficultés actuelles à l'office des étrangers, confrontés à un afflux de demandeurs d'asile par le fait qu'il s'agit d'une période transitoire. `La capacité de traitement des administrations a des limites. L'afflux des demandeurs ces derniers jours est évidemment explicable par le fait qu'un grand nombre d'entre eux ont espéré pouvoir profiter encore de l'aide financière. Les chiffres actuels démontrent une baisse sensible des demandes, ce qui prouve que le dispositif commence à produire ses effets´. M. Duquesne indique que 800 personnes étaient présentes vendredi matin, dont une grande partie se représentait, contre 1.000 jeudi et 1.200 mercredi. 165 dossiers ont été ouverts ce vendredi.

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