Le président de la N-VA s'est adressé "directement", en français et avec "les meilleures intentions", aux francophones dans une vidéo de moins de trois minutes postée sur Twitter, inaugurant ainsi son compte. Il a demandé "le bénéfice du doute" et de "donner (à la N-VA) une chance de réformer ce pays". Le président de la N-VA dit avoir ressenti le besoin de s'adresser "directement" aux francophones après son débat avec le président du PS et tandis que le Premier ministre, Elio Di Rupo, refuse tout débat avec lui "alors qu'il ne se prive pas de me critiquer personnellement sans me donner la chance de lui répondre".

La N-VA a "les meilleures intentions à l'égard" des francophones, assure Bart De Wever, reprenant son credo que francophones et flamands vivent "dans deux démocraties différentes, avec leurs partis, leurs médias et leurs institutions". "Je veux faire cadrer la structure du pays à cette réalité", commente-t-il.

Le président de la N-VA attaque aussi le "modèle PS". "Partout où le PS est le plus fort, le niveau de pauvreté et le taux de chômage sont les plus élevés", relève-t-il. "Le modèle PS nuit à votre prospérité."

Bart De wever "demande seulement de donner une chance à la N-VA", de lui laisser "le bénéfice du doute". "Je suis honnête avec vous, je joue cartes sur table", insiste-t-il. "Donnez-nous une chance de réformer ce pays et de mener une politique forte."


Tweets de @Bart_DeWever

Le PS n'y voit que duplicité

Le Parti socialiste a rapidement répondu au message vidéo adressé par le président de la N-VA Bart De Wever aux francophones, disant n'y voir que de la duplicité. "Vulpem pilum mutare, non mores" (Le renard change d'apparence mais pas de mœurs), a répondu le PS dans un communiqué, utilisant une de ces citations latines dont M. De Wever est friand. "Votre duplicité ne trompe personne, M. De Wever", explicite-t-il.


L'intervention du président de la N-VA dans une capsule vidéo où il demande la confiance des francophones pour réformer le pays démontre aux yeux du PS que son cynisme "n'a pas de limite".

"Après avoir insulté et stigmatisé les Wallons et les Bruxellois pendant des années, après avoir clairement admis dans le débat avec le président du PS, Paul Magnette, qu'il veut la scission de la sécurité sociale et la fin du pays, Bart De Wever demande maintenant la confiance des francophones", résume le Parti socialiste.

S'en prenant à son principal rival francophone, le PS rappelle que Bart De Wever a déclaré que les Wallons l'aideraient en votant MR et que, selon une étude de l'UCL et de l'Université d'Anvers, les propositions socio-économiques du MR sont identiques à 66% avec celles de la N-VA.

Sur son compte Twitter, le Premier ministre Elio Di Rupo (PS) a pour sa part répondu par un dicton flamand: "Een kat in het nauw maakt rare sprongen", qui pourrait se traduire par "Dans l'embarras, le chat s'agite bizarrement".


A quatre jours du scrutin, le PS se définit comme "le seul parti capable de défendre les intérêts de tous les francophones, de garantir la stabilité du pays, de la Sécu et de l'index et de soutenir les travailleurs", une position que ses principaux rivaux francophones lui contestent.