Il était âgé de 93 ans

BRUXELLES Le cardinal belge Julien Ries est décédé, samedi, à l'âge de 93 ans des suites d'une longue maladie, a indiqué l'attaché de presse de la conférence épiscopale belge, le Père Tommy Scholtes, à l'agence Belga. Natif de Fouches (Arlon), il fut professeur à l'université de Louvain. Monseigneur Ries avait été créé cardinal par le pape Benoît XVI le 18 février 2012 pour son "oeuvre théologique".

"C'est une grande personnalité intellectuelle qui nous a quitté", a commenté Tommy Scholtès. "Il a beaucoup œuvré au dialogue des religions. Son savoir était immense", a-t-il encore ajouté.

Après des humanités gréco-latine au séminaire de Bastogne, il a suivi une formation en philosophie qu'il a terminé au séminaire de Namur. Il a été ordonné en 1945.

Il s'est ensuite inscrit à l'UCL pour se spécialiser en théologie. Il s'intéressa également à la philologie et à l'histoire des religions orientales. Durant dix mois, il a été vicaire à Martelange puis doyen de Messancy pendant neuf ans.

Il a fait ses premiers pas d'enseignant à Athus, comme professeur de religion. De 1968 à 1991, il enseigna l'histoire des religions à l'Université catholique de Louvain (UCL).

Professeur émérite de l'UCL, il était connu internationalement pour ses travaux d'histoire des religions. L'Académie française lui a octroyé le prix Dumas-Millier en 1986, et le prix Furtado en 1987, pour l'ensemble de ses publications.

Benoît XVI l'a fait prélat d'honneur en 2010 et créé cardinal deux ans plus tard.

Les funérailles auront probablement lieu samedi prochain à la cathédrale de tournai, selon M. Scholtès.

"Le cardinal Ries était extrêmement travailleur"

Pour l'abbé Noël, de la paroisse de Fouches (Arlon), d'où le cardinal était originaire, "Julien Ries accordait énormément d'importance au savoir". "C'était un homme de conviction forte, extrêmement travailleur, un peu à l'image des paysans de son époque, puisqu'il venait d'une famille paysanne. Il a en effet effectué un énorme travail au niveau de l'anthropologie religieuse", a réagi l'abbé Noël, de la paroisse de Fouches, qui était en contact régulier avec le cardinal Ries.

"Son but était de montrer que ce qui fait l'humain est sa capacité à lever la tête vers le ciel pour contempler la voûte céleste. Lorsqu'il est revenu dans son village natal il y a quelques mois, j'ai eu l'impression qu'il avait oublié qu'il était cardinal. En l'espace de quelques heures, il s'était par exemple remis à parler luxembourgeois avec les gens du village", a encore déclaré l'abbé.

"Avec Mgr Massaux, ils ont mis sur pied le centre Cerfaux-Lefort. Ils ont reconstitué la bibliothèque de Louvain, qui avait été scindée en deux. Son souci était également d'envoyer beaucoup d'ouvrages en Afrique, notamment", selon le responsable de la paroisse de Fouches.