Belgique

Ce décloisonnement des structures se marquera aussi par un rapprochement des administrations wallonnes, bruxelloises et communautaires


NAMUR Le décloisonnement sera le maître-mot de la législature, a expliqué jeudi le ministre-président Rudy Demotte devant le parlement wallon. Ce principe se traduira d'un point de vue structurel par une présidence unique des gouvernements wallon et de la Communauté ainsi qu'un nombre accru de ministres wallons et bruxellois dans l'exécutif communautaire. "La volonté est claire de voir l'instance communautaire développer ses compétences au service direct des deux Régions", a-t-il souligné.

Ce décloisonnement des structures se marquera aussi par un rapprochement des administrations wallonnes, bruxelloises et communautaires, et par des réunions conjointes des gouvernements. Un socle d'action commun a également été défini pour la Région wallonne, la Commission communautaire française (Cocof) et la Communauté française.

Le plan Marshall 2.vert intégrera par ailleurs cette volonté puisqu'il comporte un volet enseignement.
"Globalement, cette législature sera placée sous les auspices d'un maître-mot: le décloisonnement. Le décloisonnement des politiques, des institutions, des esprits", a résumé M. Demotte.

Le ministre-président a passé en revue les différents chapitres de la Déclaration de politique régionale devant les députés: alliances emploi/environnement, aides aux personnes, accès à l'emploi, logement, etc. Il a réservé quelques pages à la gouvernance et rappelé les mesures qui seraient prises en matière de conflits d'intérêts, de cumul de mandats ou d'évolution des provinces. "Parce que nous avons rencontré des problèmes importants dans ce domaine, notre objectif, aujourd'hui, ne peut être modeste", a-t-il averti.
Au mois de janvier 2010, le parlement wallon mènera un débat sur les "voies et moyens d'une vision institutionnelle wallonne renouvelée", a-t-il annoncé. Il y sera notamment question d'une circonscription unique couvrant l'ensemble de la Région.

M. Demotte n'a guère fourni de précisions sur l'épure budgétaire de la législature. Il a évoqué la crise et ses effets sur les finances publiques. "Cela impliquera donc des choix, du pragmatisme dans les recettes et de la vigilance dans les dépenses. Ce cadre budgétaire s'impose à nous comme à l'ensemble des pays", a-t-il dit. La Région s'y inscrira "avec responsabilité mais aussi imagination", sans se priver des moyens pour se remettre dans une trajectoire de croissance. M. Demotte a simplement confirmé que la Région s'inscrirait dans la trajectoire définie par le fédéral, à savoir un retour à l'équilibre budgétaire en 2015, en suivant le même rythme que lui.

Les contraintes budgétaires constitueront sans doute les premières difficultés que devra affronter la nouvelle équipe. Le ministre du Budget André Antoine va procéder à l'inventaire des comptes et proposera à ses collègues l'ajustement du budget 2009 au mois de septembre. Ce budget était construit sur une prévision de croissance de 1,2 pc, tombée depuis lors à près de -4 pc.

© La Dernière Heure 2009