"Nous ne voulons pas aller à la table des négociations pour l'accord interprofessionnel 2023-2024 avec la loi de 1996 telle qu'elle est aujourd'hui. On veut une modification de cette loi, notamment que la norme soit indicative et non plus impérative. Avec cette norme impérative et transversale, on nous impose la même marge de négociation chez les coiffeurs que chez Pfizer, ce qui n'a aucun sens. On ne peut pas alors que la banque nationale annonce une croissance de 8 à 9% pour 2021-2022, on ne pas travailler avec une loi qui va nous annoncer une norme de 1 à 2%" , a déclaré Thierry Bodson, président de la FGTB en marge de la manifestation nationale qui réunit vendredi des milliers de personnes à Bruxelles. "On se réjouit de cette grande marée rouge sur Bruxelles. On est là pour revendiquer une plus juste répartition des richesses via les salaires. Il faut qu'ils puissent permettre aux gens de vivre décemment et de faire face à l'augmentation des prix. Il y a beaucoup de travailleurs pauvres, notamment à Bruxelles. On est là dans la rue pour cette justice sociale. On continuera les mobilisations jusqu'aux prochaines négociations s'il le faut. Les salaires sont aussi un moteur de l'économie et si on veut une vraie relance post-covid, cela passe aussi par les salaires", a déclaré Estelle Ceulemans, secrétaire générale FGTB à Bruxelles.


"On doit modifier la loi de 1996 pour permettre une négociation salariale libre au niveau interprofessionnel. Le carcan imposé depuis 2017 n'est pas tenable. Il est important de retrouver une liberté de négociation. En 2017, on a une définition d'une marge maximale et impérative donnée par le conseil central de l'économie, qui repose notamment sur l'évolution des coûts salariaux dans les pays voisins... Mais, dans les différents paramètres, on ne tient pas compte par exemple du tax-shift et d'une série de diminutions de cotisations sociales qui ont été octroyées aux employeurs. Donc, le calcul est biaisé et n'est pas équitable. De plus, en fixant une limite, on ne respecte plus la liberté de négociation collective", dit pour sa part Selena Carbonero Fernandez, secrétaire fédérale FGTB. "C'est aujourd'hui le premier avertissement d'une longue série pour établir un rapport de force et obtenir un changement de la loi de 1996".

La manifestation nationale de la FGTB contre la loi de 1996 sur la norme salariale a quitté la gare du Nord à Bruxelles vers 11H00 pour défiler dans les rues de la capitale.


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"De plus en plus de gens ont du mal à joindre les deux bouts"

Le syndicat socialiste espère qu'au moins 15.000 personnes participeront à la manifestation nationale de ce vendredi. Selon Miranda Ulens, secrétaire général de la FGTB, le syndicat veut tirer la sonnette d'alarme lors de cette première manifestation post-coronavirus. ""Nous voulons dire que de plus en plus de gens ont du mal à joindre les deux bouts. Alors que les bénéfices des entreprises ont augmenté de 200% en 20 ans, les salaires n'ont augmenté que de 100% au cours de cette période", a déclaré Mme Ulens.

Pour le syndicat, la manifestation n'est pas dirigée contre le gouvernement dans lequel participent les partis socialistes. "C'est une manifestation contre le fait que les gens pensent que les travailleurs sont subordonnés à l'intérêt économique", a déclaré la dirigeante de la FGTB.