L' approche "prudente" présentée par le Comité de concertation, ce mercredi 14 avril, comprenant un déconfinement par étapes n'a pas fait l'unanimité auprès des différents secteurs concernés. Plusieurs représentants de l'Horeca ont fait part, dans la foulée des annonces, de leur détermination à reprendre leurs activités à la date du 1er mai, alors qu'ils ne sont normalement autorisés à rouvrir (uniquement leurs terrasses) qu'à partir du 8 mai.   

Comptant aller à l'encontre des règles actées par les autorités, ils ont reçu de certains bourgmestres, dont Willy Demeyer (Liège) et Jean-Marie Dedecker (Middelkerke), des signaux laissant présager qu'ils n'auront pas de soucis avec la police. Les déclarations des politiques, ne s'opposant pas à de telles actions de l'Horeca, ont fortement irrité le ministre de la Santé, Frank Vandenbroucke (Vooruit), qui les a qualifiées de "très lâches". "Il est facile de dire qu'on se fiche des mesures", a-t-il ajouté sur le plateau de VTM, appelant à davantage de solidarité. 

"C'est très sympathique, mais demain c'est le Far West !"  

Le socialiste flamand a estimé que le bourgmestre de Middelkerke mettait en danger l'ordre établi. "Si vous concluez des accords entre les gouvernements, vous supposez que les bourgmestres aideront également à mettre ces accords en oeuvre", a-t-il déclaré. Ce que craint tout particulièrement Vandenbroucke, c'est que la désobéissance de l'Horeca donne des idées à d'autres secteurs également à l'arrêt. "Comment les bourgmestres pourraient-ils alors empêcher les salles de sport et les boîtes de nuit de rouvrir également leurs portes plus tôt que prévu?", s'est interrogé le ministre de la Santé. "Si aujourd'hui on ne fait pas respecter les règles, c'est très sympathique, mais demain c'est le Far West ! Est-ce que l'on veut cela?"

Selon lui, le Codeco a déjà pris des risques en annonçant des assouplissements alors que la situation épidémiologique reste inquiétante. C'est pourquoi il a insisté sur la nécessité que les conditions évoquées ce mercredi 14 avril (l'avancement de la campagne de vaccination et l'amélioration de la situation en soins intensifs) soient remplies pour pouvoir entamer les différentes étapes du déconfinement. "Pour ce qui est du 8 mai, on ne veut pas se fixer un chiffre précis, mais la situation dans les hôpitaux doit être meilleure, sinon il n'y aura pas d'assouplissement", a mis en garde le socialiste flamand sur VTM.