Ihsane Haouach a remis sa démission, ce vendredi 9 juillet. Depuis lors, les rumeurs vont bon train concernant les raisons qui ont poussé la commissaire du gouvernement auprès de l’Institut pour l’égalité entre les femmes et les hommes (IEFH) à faire un pas de côté. Cette dernière a expliqué que son choix faisait suite, notamment, à des attaques incessantes à son égard sur les réseaux sociaux. Mais, selon plusieurs sources, des liens auraient été établis par la Sûreté de l'Etat entre Ihsane Haouach et des membres des Frères musulmans. Le Premier ministre, Alexander De Croo (Open Vld), est entendu ce lundi 12 juillet en Commission Santé et Egalité des chances pour apporter quelques éclaircissements au sujet de la polémique qui ne cesse d'enfler. Sarah Schlitz, la secrétaire d'Etat à l'Egalité des chances, a également pris la parole.

Unanimement, les différents groupes politiques du parlement ont demandé d'entendre les deux ministres.

"Je remercie la commission de donner au gouvernement l'occasion de prendre la parole sur cette affaire qui suscite de nombreuses discussions. (...) Il est important que le gouvernement partage des informations concernant la démission de Mme Haouach", a débuté le Premier ministre.

"J'appelle à la prudence"

Mme Schlitz a ensuite pris la parole. "Le CV de Mme Haouach atteste qu'elle avait les compétences requises pour la mission qu'on lui avait attribuée. Cette mission n'est pas une fonction politique de premier plan et n'est pas concernée par une interdiction du port de signes convictionnels. (...) J'ai été informée du fait que Mme Haouach envisageait de démissionner après avoir assisté aux débats. Les débats en plénière ont été la goutte de trop. (...) J'appelle à la prudence quant aux conclusions qui ont été faites après les informations divulguées au sujet de la note de la Sûreté de l'Etat. Etant donné son caractère confidentiel, je ne peux pas revenir sur les informations qu'elle contient. Mme Haouach a décidé de démissionner sans même être au courant de l'existence de cette note. (...) J'espère qu'avec cela, nous pourrons sereinement mettre fin au débat."  Sarah Schlitz n'a pas voulu revenir une nouvelle fois sur les déclarations d'Ihsane Haouach dans Le Soir, estimant qu'elles avaient déjà été clarifiées

Alexander De Croo a ajouté qu'il avait été prévenu jeudi midi de l'analyse dont faisait l'objet Mme Haouach. Il en a su davantage à l'issue de la plénière. "Il est important de dire qu'il s'agit d'analyses à la propre initiative de la Sûreté de l'Etat. Je ne peux pas me prononcer sur le contenu de cette note."

Le Premier ministre a expliqué en avoir discuté avec les personnes compétentes et d'avoir ensuite contacté Sarah Schlitz."J'avais déjà indiqué en séance plénière qu'il n'y avait pas de place pour une nouvelle controverse. Sur base de l'échange que le ministre de la Justice et moi-même avons eu avec la secrétaire d'Etat, elle a indiqué qu'elle allait prendre contact avec Mme Haouach suite aux doutes notamment qu'elle avait elle-même exprimés, que la secrétaire d'Etat vient de vous détailler. Nous connaissons la suite des événements. Mme Haouach a présenté sa démission formellement vendredi dans une lettre", a-t-il conclu.

La N-VA a reproché au Premier ministre de ne pas avoir mentionné la note de la Sûreté de l'Etat lors de la séance plénière de jeudi dernier.

Gilles Vanden Burre, chef de groupe Ecolo, a également appelé à la prudence quant aux accusations visant Mme Haouach. Il a insisté sur le caractère conditionnel de ces condamnations. “Il y a beaucoup de rumeurs, d’éventualités, d’approximations”, a-t-il déclaré. “Faire de liens implicites non-démontrés entre Mme Haouach et les Frères musulmans n’est pas acceptable”.

"Il n’y a rien dans la note de la Sûreté de l'Etat, sinon vous auriez déjà porté plainte. Ce sont des insinuations. On fait des amalgames sur des 'on dit'. Il y a de la volonté de nuire dans votre chef je n’en doute pas", a ajouté le Bruxellois à l'adresse du chef de groupe N-VA, Peter De Roover. " Quand on connaît le passé de certains de vos membres…"

Le chef de groupe Ecolo a également dénoncé la violence dont Ihsane Haouach a été victime, et a appelé à davantage de sérénité dans les débats.