Le Conseil d'Etat a rendu son avis sur les amendements déposés au mois de juillet, procédure choisie par les opposants au texte pour reporter une nouvelle fois son examen et son vote en séance plénière de la Chambre. L'accord de gouvernement conclu entre-temps laisse la proposition au parlement mais prévoit la réalisation d'une étude sur la loi qui régit l'interruption volontaire de grossesse par un comité scientifique mutlidisciplinaire.

A la rentrée, la commission de la Justice devra donc s'accorder sur la composition de cette équipe et les contours de l'étude. Les socialistes veulent se donner du temps pour trouver un consensus et surmonter le blocage persistant depuis plus d'un an. "Pour le PS, la recherche d'un consensus plus large est nécessaire si on veut réellement obtenir une amélioration des conditions d'avortement. Il vaut mieux prendre le temps que de faire du sur-place comme c'est le cas depuis un an", a souligné le député Patrick Prévot.

L'étude devra permettre d'objectiver la situation vécue sur le terrain, mieux connaître la réalité des femmes qui recourent à l'étranger à une IVG hors délais de la loi belge et identifier les obstacles à l'accès à la contraception, demande les socialistes, auteurs de la proposition de loi amendée et cosignée par des députés libéraux, écologistes, du PTB et de DéFI.

"Plus que jamais, nous devons avancer pour améliorer le droit des femmes à disposer librement de leur corps, dans le dialogue et le respect des sensibilités de chacun, ce qu'un sujet aussi sensible impose", a souligné M. Prévot.

Le dossier est particulièrement sensible. Le CD&V s'est montré jusqu'à présent un farouche adversaire de la proposition de loi. La tension est remontée d'un cran mercredi. Ecolo a appelé à la reprise des travaux puisque le Conseil d'Etat a rendu son avis. Le président du CD&V, Joachim Coens, a réagi. "L'accord de gouvernement est clair sur l'avortement. D'abord charger une équipe multidisciplinaire d'experts d'évaluer scientifiquement les législations avant de prendre des initiatives législatives par consensus. Ensuite, débattre et chercher un consensus. Les propositions de loi en attente de ne seront pas votées", a-t-il averti.