Malgré la forte hausse des hospitalisations vendredi dernier qui avait conduit à la suspension du comité de concertation, les chiffres publiés par Sciensano ce mardi semblent plus rassurants. Entre le 23 février et le 1er mars, il y a eu en moyenne 148,6 admissions à l'hôpital par jour. Ce lundi, 107 nouvelles admissions ont été rapportées. Un chiffre toujours plus bas le mardi que le reste de la semaine, mais il était plus élevé il y a 7 jours que ce matin (115 VS 107).

Si les contaminations sont aussi toujours en hausse (de 12% par rapport à la semaine dernière) avec 2.394,4 nouvelles contaminations entre le 20 et le 26 février, la progression ralentit.

Yves Van Laethem a pris la parole en premier. "Au point de vue de l'épidémie, nous sommes toujours dans une zone orageuse", a-t-il déclaré. Les contaminations augmentent mais la hausse ralentit, s'est ravi le porte parole interfédéral. Avec une hausse des contaminations de 12 %, "ceci est moins important que ce que nous dénotions la semaine précédente, où elle était encore de l'ordre de 25%". Cette hausse est présente dans toutes le régions du pays, hormis dans les provinces du Limbourg et du Luxembourg où les nouvelles infections diminuent même.

Les infections augmentent le plus chez les adolescents avec une hausse de 34%. Mais cela reste chez les personnes de plus 40 ans que l'on observe le plus de cas.


Au niveau des hospitalisations, celles-ci augmentent aussi dans l'entièreté du pays : 20% de plus que la semaine précédente, avec 149 nouvelles admissions par jour en moyenne. Les hospitalisations concernent 6% des nouvelles contaminations. "Nous sommes effectivement sur un plateau", confirme Yves Van Laethem. "Nous avons eu un pic particulièrement élevé vendredi passé. Mais heureusement, les chiffres de ces derniers jours ne montrent pas une poursuite de cette hausse", rassure l'expert.

1936 patients sont actuellement hospitalisés en Belgique, dont 410 en soins intensifs, soit une hausse de l'ordre de 18%, précise le porte-parole. C'est dans la province d'Anvers que les admissions augmentent le plus. "La pression sur les hôpitaux à toutefois nettement augmenté", alerte l'expert.


"Une lueur d'espoir dans tout ceci : le taux de décès montre l'impact de la vaccination dans les maisons de repos et de soins", a fait savoir Yves Van Laethem. Les décès poursuivent leur diminution. En moyenne, 23 décès par jour sont à déplorer, soit 36% de moins que la semaine précédente, et en particulier chez les personnes âgées. Chez les plus de 85 ans, les décès sont en baisse de 51% par rapport à la semaine dernière. Contrairement aux tranches d'âges plus jeunes où le taux de décès n'a pas bougé.

Point sur la vaccination

Sabine Stordeur a ensuite fait un point sur la campagne vaccinale dans le pays, largement décriée ces derniers jours. "Plus de 120.000 personnes supplémentaires ont été vaccinées au cours de la semaine dernière, cela porte à plus d'un demi-million le nombre de personnes qui ont reçu une première dose", s'est félicitée la responsable de la Taskforce.


Traiter en priorité les plus fragiles et ceux les plus exposés, voilà la philosophie de la stratégie de vaccination, a rappelé la responsable. "Nous entendons les critiques formulées et les demandes pressantes d'accélération. Nous veillons systématiquement à analyser la pertinence et la faisabilité des suggestions sans œillères, ni a priori". Elle a ajouté que tout était mis en oeuvre pour accélérer la campagne. "La stratégie que nous suivons fait continuellement l’objet d’adaptation pour en améliorer la portée et la mise en oeuvre"

Alors peut-on parler d'une troisième vague en Belgique ? "Ceci n'est pas une troisième vague, je parlerais de vaguelette, mais il ne faudrait pas que l'arbre cache la forêt", a déclaré Yves Van Laethem. "Il faut continuer à chercher les raisons de cette augmentation, et il faut s'attacher à renforcer, chacun d'entre nous, les mesures que nous prenons pour rompre les chaines de transmissions pour que nous n'ayons plus devant nous le spectre d'une troisième vague".


Alors que les généralistes poussent pour prendre part à la campagne de vaccination, ce n'est pour l'instant pas une piste qui permettrait d'accélérer les injections, a expliqué Sabine Stordeur. "La logistique requise n'est, à l'heure actuelle, pas compatible avec une vaccination en cabinet médical", a réitéré la responsable de la Taskforce. Elle a évoqué la conservation des doses, ainsi que l'obligation de vacciner au moins 10 personnes dans un délai maximal de 6h. "Les médecins généralistes jouent un rôle essentiel dans la campagne : pour la confiance qu'ils inspirent à leurs patients", a-t-elle toutefois souligné.