Dans un courrier adressé au Premier ministre Alexander De Croo la semaine dernière, Jean-Pierre Clamadieu, président du CA d'Engie, annonçait une fin inévitable du nucléaire en Belgique.

Impossible désormais de maintenir ouvertes les centrales nucléaires existantes Doel 4 et Tihange 3, selon cette lettre. Des mots qui avaient vivement fait réagir le président de la N-VA, Bart De Wever. "Pourquoi le ton de la lettre est-il si négatif?", s'était interrogé le leader du parti nationaliste flamand. "La question essentielle qui se pose ici est la suivante : qu'est-ce qui rendra Engie le plus riche ? Continuer à produire de l'énergie nucléaire bon marché, ou faire le plein l'année prochaine de 200 millions de subventions de Mme Van der Straeten pour produire de l'énergie gazière très sale ? Cette question essentielle n'a pas été posée", avait souligné le président.

Selon nos confrères néerlandophones de Het Laatste Nieuws, un groupe de plus de 80 personnes - principalement des employés d'Engie - ne partagent pas l'avis des patrons de l'entreprise.

"Nous pensons que le politique ferait bien de prendre une décision claire désormais et que tous les moyens devraient être mis en œuvre", a déclaré Philippe Hendrickx, ingénieur chez Engie visiblement éreinté par ce dossier qui traînasse dans le flou politique.

Selon Philippe Hendrickx, les centrales nucléaires peuvent techniquement rester ouvertes. "Tous les experts ont étudié cette question et ont conclu qu’on pouvait les maintenir", assure-t-il. "Nous pensons avoir des centrales qui fonctionnent bien et nous prenons le problème de la sécurité de l’approvisionnement en compte. Cela peut être un problème pour notre économie dans le futur. Il serait dommage de ne pas profiter à la fois de notre compétence ainsi que de nos centrales."