Belgique

Le tribunal correctionnel de Bruxelles a condamné, vendredi matin, un “gilet jaune” à 15 mois de prison avec sursis et à 800 euros d’amende avec sursis pour la moitié, pour coups et blessures mais aussi rébellion lors de la manifestation du 30 novembre. Il a estimé que E.F., 37 ans, avait lancé un pavé vers les policiers et blessé l’un d’eux lorsqu’il a été interpellé.

Lors de l’instruction d’audience, le prévenu avait reconnu avoir jeté un projectile mais nié avoir eu l’intention de blesser.

Plus tard dans la matinée, le même tribunal a prononcé une peine de travail de 100 heures contre S.B., 44 ans, qui avait lancé des projectiles sur des policiers le 30 novembre. Et 80 heures à l'encontre de T.V. pour les mêmes raisons. 

Le parquet de Liège exaspéré

Ces dernières heures, les “gilets jaunes” ont eu maille à partir avec la justice. Au milieu de la semaine, la porte-parole du parquet de Liège, Catherine Collignon, avait regretté le comportement de certains à la suite de l’interpellation d’un camionneur néerlandais soupçonné d’avoir renversé un militant, vendredi passé. Mme Collignon avait jugé que la présence de “gilets jaunes” sous les fenêtre du palais de justice et certaines déclarations de leur part dans la presse n'étaient pas de nature à “permettre l’apaisement”.

Le parquet liégeois a par ailleurs tenu à rappeler que bloquer une route constitue une entrave méchante à la circulation et que cela est pénalement répréhensible.

Il est vrai que la justice est sous pression. Il y a quelques jours, la Febetra (Fédération royale belge des transporteurs routiers et des prestataires de services logistiques) a adressé un courrier au ministre de l’Intérieur, Pieter De Crem (CD&V), demandant que des mesures soient prises pour mettre fin aux blocages des “gilets jaunes”

Selon elle, les agissement de ces derniers provoqueraient une situation d’insécurité intenable. Elle avait évoqué les insultes et les attaques physiques dont les chauffeurs routiers seraient l’objet. “La tension monte”, avait-elle conclu.

Des “criminels”

Les déclarations, dans la DH, de l’avocat du chauffeur néerlandais inculpé après les faits qui se sont produits à Visé ne vont certainement pas calmer les esprits. Me Wagemans n’a pas hésité à dire que “dans un pays civilisé, on évacue de tels criminels”, en parlant du groupe masqué qui, selon lui, aurait pris d’assaut le camion de son client, cassant une fenêtre de la cabine et endommageant le pare-brise.