Belgique

Infrabel tenait une conférence de presse ce lundi matin pour lancer sa campagne "Railspect". Une étude concernant le comportement des gens sur le domaine ferroviaire met en évidence des résultats "inquiétants" pour le gestionnaire du réseau.

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Le gestionnaire de l'infrastructure du réseau des chemins de fer belges, Infrabel, a lancé ce matin un important plan d’action contre les comportements à risque sur les voies. "Parce que le temps presse", indique Arnaud Reyman, porte-parole d'Infrabel. "L'année dernière, treize personnes ont été tuées et neuf gravement blessées en raison d'un comportement irresponsable à un passage à niveau. Et pourtant, nous ne réalisons toujours pas le danger: près de la moitié de la population ignore consciemment les règles".

46% des répondants ont ignoré les règles de circulation aux passages à niveau

Lors de sa présentation, une étude approfondie sur le comportement des gens sur le domaine ferroviaire a été dévoilée et révèle des résultats étonnants, voire inquiétants. En effet, 46% des répondants ont dit ignorer les règles de circulation aux passages à niveau lors des six derniers mois et 14% des participants ont circulé illégalement sur les voies ferrées au cours de la même période.

Pire encore, il ressort de l'analyse que si l'occasion se présentait, 77% de ces personnes enfreindraient les règles de circulation aux passages à niveau et 55% circuleraient de manière illégale sur les voies. C'est pourquoi Infrabel, avec le soutien du gouvernement, de la police des chemins de fer et de Securail lance "Railspect", un plan d'action national visant à lutter contre les comportements dangereux sur le domaine ferroviaire belge.

L’année dernière, on a dénombré pas moins de 13 personnes tuées et 9 personnes grièvement blessées alors qu'elles circulaient sur les voies, et lors d’accidents aux passages à niveau. En outre, cela a également engendré 8 heures de retard par jour pour le trafic ferroviaire.


Campagne et mesures préventives

Infrabel met également en œuvre de nouvelles mesures pour lutter contre les comportements dangereux sur le domaine ferroviaire. Deux projets pilotes seront lancés en 2019 et 2020. La première initiative concerne les panneaux "blocking back". Il s'agit de panneaux d’avertissement qui rappellent aux conducteurs de véhicules routiers qu’ils ne sont pas autorisés à s’engager sur le passage à niveau s'il existe un risque d’y rester bloqué.

 Le principe est donc le même que pour tout carrefour routier : ne pas bloquer la circulation, avec le risque accru sur un passage à niveau puisqu’un train n’a pas l’occasion de vous éviter et le temps de freinage beaucoup plus long rend une collision inévitable. Un véhicule qui ne respecte pas ce principe de "blocking back" risque donc d’être pris au piège à la fermeture des barrières du passage à niveau. Ces panneaux "blocking back" seront installés à 18 passages à niveau (10 en Flandre et 8 en Wallonie).

Un deuxième projet pilote sera mené, et vise à augmenter la visibilité de ses passages à niveau en équipant les barrières d’un éclairage LED. En outre, Infrabel continuera bien entendu à investir dans les mesures existantes, telles que l'installation de clôtures, de tapis-obstacles et de caméras de sécurité. 

En début d'année, Infrabel a également décidé d'équiper chaque passage à niveau public avec une signalisation active (1.429 passages à niveau) d’un "autocollant d'identification" spécial, indiquant le numéro du passage à niveau et de la ligne ferroviaire, mais aussi le nom de la rue et de la commune. Cela permettra aux usagers de la route et aux riverains de fournir plus rapidement toutes les informations nécessaires aux services de secours. Les autocollants seront installés à partir de cet été.

Les récalcitrants à l’amende

Selon Infrabel, force est de constater que certaines personnes sont "inguérissables". Lorsque la sensibilisation n’est plus d’aucune aide, reste la répression. L’objectif est d’augmenter le nombre de contrôles (police des chemins de fer et Securail) et de punir les contrevenants. Dans un premier temps, la police des chemins de fer effectuera des actions aux différents points sensibles du domaine ferroviaire belge. 

Un dernier avertissement, avant de passer à la répression. Il va sans dire que même lors de cette phase, les infractions graves ne seront pas tolérées. Dans un deuxième temps, la police vérifiera ces mêmes points sensibles, mais en civil. Quiconque commettra une infraction recevra une amende, des montants élevés pouvant chiffrer en milliers d’euros.