Le Comité de concertation se réunit une nouvelle fois ce vendredi 5 février. Les discussions mises en pause la semaine dernière suite à un état des lieux inquiétant présenté aux autorités pourront reprendre dès 14 heures. Si certains estiment qu'il faut aborder et acter plusieurs assouplissements, d'autres pensent que la prudence reste de mise. Ces derniers veulent laisser du temps à la campagne de vaccination, qui jusqu'à présent patine dans notre pays. À la Chambre, les députés ont fait part au Premier ministre, Alexander De Croo, de leur stupéfaction face aux nombreux couacs constatés dans cette campagne de vaccination et l'ont averti que les attentes étaient grandes pour ce Codeco. 

Des "images" qui donnent le "tournis"  

"Osons remettre en question une campagne qui pose aujourd'hui des problèmes importants, a débuté Catherine Fonck (CDH). "(...) C'est une course contre la montre, et pas que contre les mutants."

"Se faire vacciner aujourd'hui en Belgique tient plus de la chance que de la garantie, cela ne va plus, a regretté Sophie Rohonyi (DéFi). "Cela fait des mois que l'on sait que l'on va devoir organiser une campagne de vaccination massive." L'élue s'est ensuite demandée quand les autorités allaient admettre leurs erreurs et y remédier. "Quand allez-vous demander l'aide des médecins généralistes ?", a-t-elle interrogé le Premier ministre.

"Les images de ces derniers jours nous ont donné le tournis", a continué pour sa part Laurence Zanchetta (PS), en référence aux nombreux couacs dans les centres de vaccination. La socialiste a salué les décisions prises ce jeudi par la conférence interministérielle quant à la campagne de vaccination. Elle a rappelé qu'il était urgent de mettre un coup d'accélérateur.


De son côté, le PTB a fait part de sa stupéfaction quant à un certains choix des autorités à l'égard des vaccins. "On a un record de doses dans les frigos", a fustigé Sofie Merckx (PTB).

Un appel à un calendrier de déconfinement

Le MR est revenu sur les événements de vendredi passé et sur l'interruption subite du Comité de concertation. "Le Codeco a tourné court, on s'attendait à des chiffres inquiétants et finalement la troisième vague n'a pas eu lieu", a détaillé Florence Reuter (MR). Si l'élue a admis que la suspension des discussions était légitime, elle a estimé qu'il était temps de donner des "perspectives claires et cohérentes à tous les secteurs qui souffrent". "Je pense aux 11 millions de Belges qui souffrent énormément de ces mesures. Il faut tenir compte de cette détresse psychologique et adapter ces mesure à la santé mentale. J'ai entendu dans la presse qu'on parlait d'augmenter la bulle à l'extérieur, j'espère sincèrement que ce ne sera pas le seul assouplissement annoncé. N'estimez-vous pas qu'il est temps d'annoncer un calendrier clair de déconfinement?" 

Peter De Roover (N-VA) a à son tour affirmé que le report des discussions était indiqué, mais il a appelé à désormais "opérer une distinction entre les mesures qui ont un réel impact sur les chiffres et les autres mesures dont nous savons aujourd'hui que leur impact sur le Covid est limité". "Il ne faut plus que les citoyens soient victimes des informations dont on ne disposait pas à l'époque", a mis en garde le nationaliste flamand.

Alexander De Croo répond aux députés

Le Premier ministre, dans sa réponse aux élus, a d'abord fait le point sur l'évolution des chiffres. "Nous avons constaté que l'évolution des hospitalisations suit les courbes présentées dans les modèles des scientifiques lors de la conférence de presse du 22 février", a pointé le libéral flamand. "On peut s'attendre à ce qu'on ait une légère augmentation des hospitalisations dans les semaines qui viennent, mais cela redescendra ensuite." C'est sur ces bases-là que travaillera le Codeco de ce vendredi. "Je ne vais pas présumer de ce que nous allons décider, mais nous ne pouvons pas nier que les mesures ont une influence sur la santé mentale et le fait qu'elles soient en place depuis un certain temps engendre une baisse de la motivation", a expliqué M. De Croo.

Il a présenté la "double mission" que se lançait le gouvernement: donner des perspectives pour les semaines et les mois qui viennent tout en choisissant une approche qui est sûre.  "L'élément extérieur jouera un rôle important, on sait que les activités de plein air présentent un risque moindre par rapport à ce qui est organisé à l'intérieur", a précisé le Premier ministre. "Le timing est également très important. Si on se trompe on aura une hausse en avril et en mai, ce qui induirait que notre liberté retrouvée serait de courte durée."

Enfin, il a terminé sa prise de parole sur un message qu'il souhaitait adresser aux hommes et femmes politiques. "J'aimerais vous confier quelque chose que j'ai sur le cœur: notre mission aujourd'hui n'est pas d'être le plus populaire, nous devons oser regarder les faits et non pas les améliorer. S'il y a un danger, il faut le dire et prendre les mesures. Si nous faisons une surenchère d'assouplissements, faut-il être étonné ensuite que les gens soient déçus ? Ce qu'on attend de nous, c'est que nous défendions l'intérêt général et pas que nous travaillions à notre popularité personnelle."