De nombreuses initiatives existent, qui ont pour objectif d’offrir des cadeaux aux enfants issus du parc Maximilien.

Qui dit fêtes de fin d’année, dit notamment cadeaux sous le sapin ! Pour tout le monde ? Pas vraiment… Aujourd’hui encore en Belgique, de nombreux enfants n’ont pas cette chance. On estime en effet que près d’un enfant sur cinq vit sous le seuil de pauvreté dans le royaume. Pour pallier à cette situation, des initiatives existent, qui ont pour objectif d’offrir des cadeaux aux enfants issus de milieux défavorisés. Avec un modèle en vogue : la récolte de jouets, en faisant appel aux dons.

Chaque année depuis 2010, l’ASBL Arc-en-Ciel organise ainsi en Wallonie et à Bruxelles une grande collecte à l’approche des fêtes. Excepté les peluches (trop difficiles à laver) et les jeux à pile, tous les jouets complets et en bon état sont acceptés. Camille Gilissen, responsable de la communication au sein de l’association, insiste : "Il important que les jouets qui nous sont donnés soient des jeux que des parents auraient pu offrir tels quels à leurs propres enfants." Après récolte, les jouets sont distribués au sein du réseau d’associations qui composent Arc-en-Ciel.

Cette année, 109 associations ont participé à l’opération qui se déroule en deux phases. La première a lieu dans les magasins Fox et Cie où, du 4 au 23 novembre, des malles étaient mises à disposition afin de rassembler les dons d’âmes charitables. La seconde étape, elle, a eu lieu à l’occasion du Nostalgie Magic Tour : entre le 2 et le 7 décembre, l’équipe de la radio, accompagnée des bénévoles de l’ASBL, s’est déplacée dans 6 villes (Messancy, Jambes, Nivelles, Mons, Anderlecht et Rocourt) pour récolter des jouets.

Les entreprises également sollicitées

Deux partenaires et un événement qui apportent de la visibilité à l’opération. La récolte a d’ailleurs été fructueuse : 25 000 jouets ont pu être récoltés et seront offerts à 8 575 enfants. "C’est un peu plus chaque année !", se réjouit Camille Gilissen. Preuve que la population est sensibilisée au problème ? "La participation de Fox&Cie y est pour quelque chose : les gens viennent acheter des nouveaux jouets pour leurs enfants, et voient que certains sont dans le besoin… ça joue !"

Dans la province de Liège, l’ASBL Assistance à l’Enfance organise, pour sa part, depuis plus de 35 ans une opération Saint-Nicolas/Noël qui met à contribution écoles primaires et entreprises. "On leur fournit des malles, qu’elles mettent à disposition des élèves ou employés. Comme ça, on peut déposer des jouets tout en allant travailler", raconte Myriam Graillet, coordinatrice de l’ASBL. Une bonne solution, selon notre intervenante, car "beaucoup de gens ont envie de donner mais ne savent pas toujours comment faire."

Les jouets récoltés par l’ASBL cette année vont être pour la plupart envoyés à 910 enfants dans le besoin dans la région liégeoise. Le reste sera mis en vente à petit prix dans le magasin de seconde main de l’association.

Mais cette année, Assistance à l’Enfance ne s’est pas arrêtée là, et a lancé en parallèle l’opération "Boîtes à chaussures" de Noël. Le principe : remplir une boîte à chaussure avec six produits d’hygiène et un petit mot chaleureux, qui sera offerte à un sans-abri. Challenge réussi pour cette première : 428 boîtes ont été récoltées. Preuve que la solidarité permet de faire des merveilles. "Car sans la solidarité ou l’entraide, on ne va nulle part et la société ne serait malheureusement pas du tout la même", estime Myriam Graillet.

Le Noël de la porte d'Ulysse

Chaque année, des bénévoles s’organisent pour que les personnes migrantes qui n’ont pas pu trouver une famille d’accueil puissent profiter des fêtes de fin d’année à la Porte d’Ulysse. La Plateforme citoyenne de soutien aux réfugiés y organise ainsi un repas spécial et des festivités les soirs du 24 et du 31 décembre. Et redouble d’efforts pour que le parc Maximilien soit le plus vide possible pendant la période des fêtes.

Sur les réseaux sociaux, des appels aux dons (nourriture, vêtements, sapins, décorations de Noël) et à l’aide des bénévoles pour organiser l’accueil, l’hébergement et la cuisine se multiplient ces derniers jours. L’occasion, pour les membres de la Plateforme, de remercier les bénévoles, sans lesquels "nous n’aurions jamais pu offrir ces quelque 11 500 nuitées et autant de repas, de kit hygiènes et de sourires."

L’organisation de l’accueil de Noël pour les migrants a débuté il y a deux ans, peu après l’ouverture de la Porte d’Ulysse, dont la capacité était alors de 80 personnes, contre 350 aujourd’hui. À l’époque, une action intitulée "Noël pour tous" avait été lancée. Les hébergeurs s’étaient alors engagés à accueillir leurs hébergés entre le 23 et le 26 décembre, pour offrir du repos et du répit aux migrants mais aussi aux bénévoles qui se rendaient tous les soirs au parc Maximilien.

Depuis, le "dispatching" ne s’organise plus directement au parc et les hébergeurs se débrouillent différemment pour trouver un toit aux migrants. En période de fêtes, l’objectif reste toujours le même : tout le monde doit pouvoir célébrer Noël au chaud et en étant entouré. Un événement plus exceptionnel marque par ailleurs la fin de l’année 2019 : une cinquantaine de personnes qui dorment au parc Maximilien ira partager un repas de Noël dans une école bruxelloise.