En 2019, la Belgique a procédé à la destruction d'un stock stratégique de plusieurs millions de masques de protection de type FFP2 qui étaient parvenus à leur date de péremption, mais sans procéder à leur renouvellement par souci d'économie, révélait l'hebdomadaire 'Le Vif' le 23 mars 2020. L'information avait ensuite été confirmée par la ministre de la Santé de l'époque, Maggie De Block (Open Vld). Ces quelque six millions de masques FFP2 avaient été acquis à l'occasion de l'épidémie de grippe H1N1 en 2009.

Auditionné à la Chambre, Renaud Mazy a affirmé avoir déduit dès le 26 janvier que ce stock était détruit. "Ce jour-là, je reçois un appel des autorités chinoises qui voulaient identifier des stocks afin de pouvoir acquérir du matériel en urgence", a-t-il raconté, justifiant cet appel par des contacts noués à l'époque où il travaillait pour l'industrie pharmaceutique. Je me souviens qu'il y avait une rumeur comme quoi le stock n'existait plus. Quand je suis questionné le 26 janvier, je mets les autorités chinoises en contact avec des personnes que je connaissais, avec des représentants de fédérations. De cet appel, j'en ai effectivement déduit que le stock stratégique n'existait plus. S'il existait toujours, on ne m'aurait pas appelé pour chercher des masques sur le marché belge", a-t-il conclu, indiquant qu'il existe bien des producteurs en Belgique et près des frontières belges. S'en est suivi, selon lui, un "chaos" dans la livraison du matériel, même si les hôpitaux académiques n'ont pas souffert de pénurie.

Pour l'avenir, le président de la CHAB a formulé dix recommandations à l'attention des députés. Selon Renaud Mazy, chaque hôpital doit développer un plan d'urgence hospitalier pandémie et ce plan doit s'inscrire dans un plan fédéral pandémie. Les lits d'hospitalisation et de soins intensifs doivent être gérés au sein de réseaux hospitaliers. Selon la CHAB, "il ne faut pas dédicacer certains hôpitaux de référence à la prise en charge covid. C'est une fausse bonne idée en cas de pandémie." Une collaboration structurelle entre maison de repos et hôpitaux doit en outre être rendue obligatoire.

Par ailleurs, la CHAB réclame le maintien et le renouvellement régulier d'un stock stratégique de matériel médical en Belgique, un système qui garantit l'approvisionnement en médicaments critiques et l'intégration des spécialistes le plus tôt possible dans la task force chargée de gérer la pandémie.

"Qu'on refédéralise ou régionalise, peu importe", a estimé M. Mazy. "Il faut surtout une seule et unique cellule de commandement et une seule unité d'implémentation" avec une "implication des acteurs de terrain". La CHAB a enfin plaidé pour la mise en place d'indicateurs de crise pour les hôpitaux.

Au-delà d'un refinancement, l'administrateur-délégué des cliniques universitaires Saint-Luc a enfin appelé a renforcer l'attractivité du métier infirmer. "Bravo pour le fonds blouses blanches, mais il n'y a pas d'infirmières sur le marché!", indiquant que 150 emplois sont actuellement à pourvoir au sein de son institution.