"Comment est-il possible que le seul soldat professionnel figurant sur la liste de l'Ocam des extrémistes de droite potentiellement dangereux ait eu accès à un important arsenal d'armes ?", questionne Het Belang van Limburg, comme de nombreux autres médias et politiciens. Celui-ci estime cependant que pour l'instant, la ministre Dedonder elle-même n'est pas à blâmer. " Certaines voix s'élèvent aujourd'hui pour dire que la ministre aurait dû intervenir plus tôt et renvoyer beaucoup plus tôt les militaires ayant de mauvaises idées. En regardant dans le rétroviseur, c'est une critique facile. Car où s'arrête une telle chasse aux sorcières ?" L'éditorialiste rappelle que dans notre pays, les individus sont toujours libres de penser ce qu'ils veulent, même s'ils travaillent pour le ministère de la Défense. Selon lui, "la question est surtout de savoir quand cette réflexion devient vraiment dangereuse et qu'un licenciement est justifié".

Selon De Morgen, avant même de connaître l'issue de chasse à l'homme du soldat armé Jürgen Conings, il y a déjà "des leçons douloureuses à tirer". Pour le quotidien flamand, il est trop facile de décrire Conings comme un "loup solitaire" qui "pète soudainement les plombs". "Toute personne qui remarque la tendance croissante des extrémistes de droite sur la liste des terroristes de l'Ocam ces dernières années, savait déjà que les problèmes allaient arriver un jour. Pourtant, les gouvernements successifs ont grossièrement sous-estimé la menace terroriste d'extrême-droite. La politique de deux poids deux mesures a-t-elle été trop appliquée au sein du ministère de la Défense, de sorte qu'un "frère d'armes" était considéré comme moins dangereux ?", s'interroge-t-il.

"Pas de place pour les Rambo à l'armée"

Du côté du journal L'Avenir, on s'interroge sur le nombre de profils similaires présents dans notre armée. "Loin de nous l’idée de prétendre qu’il existe davantage de personnes extrémistes dans nos forces de sécurité, que ce soit à l’armée ou dans la police, par rapport au reste de la population. Mais il n’y a pas non plus de raison, malheureusement, qu’il y en ait moins". Selon le quotidien, la seule possibilité d’éviter de tels drames est de renforcer le contrôle permanent, au minimum annuel voire trimestriel, des forces de l’ordre, comme l’a également affirmé hier la ministre de la Défense. Mais aussi de licencier tous ceux dont le comportement n’est pas compatible avec leur statut. Comme cela aurait du être le cas ici. "À chacun de prendre désormais ses responsabilités à ce niveau".

Les journaux du groupe Sudpresse demandent également davantage de rigueur dans les contrôles des profils à l'armée. "Pas de place pour les Rambo à l'armée", considère l'éditorialiste. "On a du mal à comprendre en 2021 qu’un homme qui a menacé Marc Van Ranst, une ministre ainsi que les structures de l’État puisse agir librement au sein de l’armée", ajoute-t-il. Le quotidien demande des remises en question à plusieurs niveaux. "Quelle que soit la longueur et l’issue de cette chasse à l’homme, l’armée, l’Ocam et le monde politique ne pourront pas faire l’économie d’une solide remise en cause".

Le quotidien Het Laatste Nieuws s'attarde quant à lui davantage sur Marc Van Ranst, mis à l'abri avec sa famille dans une maison sécurisée, et qui ne se dit pas impressionné par ces menaces. "S'habituer à des menaces de mort parce que vous faites votre travail, parce que vous avez une opinion ? Si Marc Van Ranst ne s'inquiète pas pour ça, nous le ferons. On ne peut pas considérer cela comme normal. On ne peut pas s'y habituer", considère l'éditorialiste. Selon elle, Marc Van Ranst n'est pas à blâmer, comme certains semblent le penser pour sa présence dans les médias et parce qu'il traite de nombreuses autres questions sociales. "C'est le signe d'un pays libre".