Tout a commencé jeudi matin, aux alentours de 8h30, sur le campus de la Haute Ecole Vives à Courtrai. Dans le bus qui emmène les étudiants sur le campus, l'un d'entre eux discute avec un jeune homme. Ce dernier lui explique qu'il se rend à l'école afin de s'y inscrire. Il ajoute avoir l'intention de faire "quelque chose dont on se souviendra encore longtemps". Son comportement un peu étrange alerte l'étudiant. Il n'en est pas sûr, mais il pense que le jeune homme cache une arme dans sa poche. Celle-ci s'avérera être un airsoft, c'est-à-dire une réplique très convaincante d'une vraie arme, à ceci près qu'elle ne peut blesser personne. Mais, cela personne ne le sait encore. Chamboulé, l'étudiant décide de prévenir immédiatement la police, qui ne tarde pas à arriver sur les lieux. La chasse à l'homme commence.

Des milliers d'étudiants confinés...

Afin de ne prendre aucun risque, la police donne l'ordre à tous les étudiants et professeurs de rester où ils sont. En tout, 4.000 étudiants sont donc contraints de rester enfermés dans leur salle de classe pour leur propre sécurité. Les pièces sont fouillées une à une, puis évacuées. "On nous a dit de rester à l'intérieur", détaille Yentl, un étudiant de 3ème année en marketing. "Le police nous a aussi dit de nous éloigner des fenêtres, c'est ce qu'on a fait", ajoute-t-il. 

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Après avoir contacté leurs parents pour ne pas qu'ils s'inquiètent, les étudiants s'occupent en suivant la progression de la chasse à l'homme sur les réseaux sociaux. Selon Yendl, les 15 étudiants présents dans sa classe sont toutefois restés calmes. "La police avait l'air calme, alors nous aussi", confie-t-il. 

Vers 12h30, toutes les classes de la haute école ont pu être évacuées. Sans toutefois mettre la main sur le suspect, un certain Jules V., âgé de 18 ans et souffrant de problèmes mentaux.

... ainsi que des élèves d'écoles secondaires et des fonctionnaires

Mais en début d'après-midi, les affaires reprennent. La police est avertie qu'un suspect pense avoir reconnu Jules V. à Waregem. Elle fonce donc sur les lieux et ferme à nouveau tous les bâtiments. Cette fois, ce sont 12.000 personnes qui sont appelées à rester à l'intérieur. Parmi eux, une majorité d'élèves d'écoles primaires et secondaires, ainsi que le personnel de bâtiments publics (bibliothèques, commune) ou de complexes sportifs. Pendant 4h, la situation restera telle quelle, malgré les nombreuses opérations de recherche.

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Il faudra finalement attendre 17h15 pour que tout se décante. De nouveaux témoins indiquent en effet avoir aperçu le suspect à Avelgem. La police suit donc cette énième piste, qui lui permettra enfin de mettre la main sur l'homme recherché. L'arrestation a lieu dans une impasse, non loin d'autres écoles.

Les parents dont les enfants sont toujours bloqués dans leur école de Waregem finissent par recevoir l'autorisation d'aller les rechercher, mettant ainsi un terme à une journée très éprouvante pour eux.

Le retour à la normale

Le suspect, lui, a été conduit au poste de police de Courtrai, où il a été interrogé toute la nuit. Aucune déclaration officielle n'a pour l'instant été faite quant à ses motivations et les raisons pour lesquelles il rôdait autour d'écoles. Ses parents, eux, ont expliqué que leur fils souffrait de problèmes mentaux. "On a essayé de le faire admettre en psychiatrie il y a trois semaines, mais on nous a répondu qu'il n'y avait pas de place. Ce n'est pas un gangster, il a juste besoin d'aide", ont-ils déclaré. 

Le parquet de Flandre occidentale a décidé de saisir un juge d'instruction et demandé son arrestation sur la base des faits, qualifiés provisoirement de diffusion de faux messages concernant un danger d'attentat contre des personnes ou des biens et d'infraction à la législation sur les armes. 

Dans les différentes écoles fermées durant la chasse à l'homme, les cours ont heureusement pu reprendre vendredi. "J'ai l'impression que les étudiants l'ont bien digéré", confie Joris Hindryckx, le directeur général de Vives. "Ceux qui le souhaitent peuvent faire appel à notre service psychologique, mais pour l'instant, personne ne nous a contactés."