L'annonce a créé l'émoi en Flandre: l'actrice Leah Thys (75 ans), qui vient tout juste de perdre son mari - l'avocat, journaliste et écrivain Jos de Man - du Covid-19, se bat à son tour à l'hôpital contre le virus alors qu'elle avait été vaccinée. L'épidémiologiste Pierre Van Damme est revenu sur ces cas de réinfection.

Comme le relaient nos confrères du Het Laatste Nieuws, l'épidémiologiste a déclaré dans "De Wereld Vandaag" sur Radio 1 que "ce que nous avons appris aujourd'hui [avec l'actrice Leah Thys, NDLR] est une très malheureuse nouvelle, mais heureusement cela reste une situation plutôt exceptionnelle."

Pierre Van Damme, qui est membre de la taskforce sur la vaccination mais également membre du groupe d'experts du GEMS, dresse un constat après la campagne de vaccination qui a eu lieu dans les maisons de repos. "Si un virus y pénètre et y circule encore, il provoque généralement des infections bénignes." Même après deux doses donc, une personne peut encore contracter le coronavirus mais celle-ci présentera des symptômes plus légers. "Pour de nombreuses personnes de plus de 65 ans, la première injection a déjà un effet bénéfique contre les complications graves. Cela n'enlève rien au fait que l'hospitalisation est toujours possible", explique l'expert, qui ajoute que "la deuxième dose est et reste importante car elle apporte un renforcement de l'immunité."

L'épidémiologiste rappelle toutefois qu'aucun vaccin n'offre une protection à 100%. "Quelques personnes restent encore sensibles au virus. C'est quelque chose que nous voyons plus souvent chez les personnes âgées et chez les personnes avec comorbidités. Malheureusement, nous devons apprendre à vivre avec ce risque", indique-t-il.

Les gestes barrières de mise, même pour les vaccinés

Pierre Van Damme explique encore l'importance pour les personnes vaccinées de continuer à respecter les gestes barrières, en se désinfectant les mains, en portant des masques buccaux et en gardant les distances de sécurité. "Ce n'est que lorsque l'épidémie sera sous contrôle que l'on pourra désserrer la vis. D'ici là, tout le monde - y compris les vaccinés - doit faire preuve de prudence et de bon sens", déclare l'épidémiologiste, qui estime que la situation s'améliorera avec l'été et l'avancement de la vaccination.

A noter que l'expert n'exclut pas la possibilité d'un troisième vaccin sur le long terme, qui permettrait une meilleure protection, contre les variants du coronavirus notamment. "C'est certainement quelque chose sur laquelle nous et d'autres pays devons travailler", conclut-il.