Belgique

En politique, on dit d’une semaine qu’elle est une éternité. Et à cinq jours du triple scrutin, l’éternité se raccourcit.

La N-VA fera-t-elle les frais des propos tenus par son président lors d’une réunion interne en 2016 ? Bien malin serait celui qui pourrait le dire. D’un côté, cela pourrait attirer des électeurs qui seraient tentés par le Vlaams Belang. D’un autre, cela pourrait effaroucher la frange plus centriste du parti, au profit de l’Open VLD ou du CD&V.

Reprenons les propos en question. Les déclarations de Bart De Wever, déjà publiées en 2016 dans l’hebdomadaire Knack, ont refait surface suite à la parution d’un article d’Aubry Touriel, un journaliste indépendant qui a assisté aux réunions anversoises de la N-VA pendant trois ans. D’après un enregistrement sonore, Bart De Wever avançait ceci : “Nous pouvons éviter la frustration des services de police qui arrêtent des dealers de drogues, mais qui doivent les relâcher, car il n’y a pas assez de capacité (dans les centres fermés, NdlR). Ne le criez pas sur tous les toits, mais ça va si loin que, quand nous planifions des interventions, nous devons réserver des places. C’est l’avantage d’avoir un secrétaire d’État comme ami. Quand nous allons par exemple faire une razzia dans le quartier rouge (le quartier des prostituées à Anvers, NdlR), nous lui demandons : combien de places avez-vous pour nous ? Combien pouvez-vous en éjecter ? Vers quel pays volent les prochains avions ?”. Alors que l’assemblée rigole, le président de la N-VA va plus loin. “Vous pouvez rire mais c’est vraiment comme ça ! Alors, vous continuez jusqu’à ce que la prison soit remplie. Et de préférence, les nationalités prévues pour Air Francken. Si tu peux remplir l’avion, ce serait fou de ne pas le faire !”.

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