Il y a eu en moyenne 192,7 admissions quotidiennes à l'hôpital pour infection au nouveau coronavirus entre le 2 et le 8 décembre, selon les données de Sciensano publiées mercredi matin. Si, en comparaison avec la période de sept jours précédente, la moyenne est à la baisse (-6%), elle est plus élevée que celle publiée hier et confirme donc que les admissions sont plus nombreuses au cours des derniers jours. Le nombre moyen de contaminations avérées (sur la période du 29 novembre au 5 décembre) était de 2.154, toujours en légère baisse par rapport aux sept jours précédents (-7%).

Yves Van Laethem a commencé par confirmer la stabilisation du nombre d'infections et d'hospitilisations. "Tant les infections que les hospitalisations sont bloquées à un niveau deux à trois fois plus élevé que les seuils de 800 et 75 hospitalisations par jour que nous voudrions atteindre".

Il a souligné qu'il ne s'agit pas d'un cas purement belge, le constat est le même dans différents pays européens où les courbes s'applatissent.

Au niveau national, il y a une baisse légère du nombre de contaminations mais une augmentation dans certaines provinces. Les plus touchées sont la Flandre occidentale (+10%), le Brabant flamand (+3%), la province d'Anvers (+3%) et le Luxembourg (+3%). "Il n'y a pas d'explication claire et unique à cela". D'autres provinces en revanche observent une nette diminution comme celle de Namur (-25%), Liège (-25%) ou encore en Hainaut (-15%).


Les hospitalisations semblent stagner, elles ne diminuent plus que de 6% sur une base hebdomadaire, soit 193 nouvelles hospitalisations par jour en moyenne. Cela semble se stabiliser en Wallonie et en Flandre alors que la diminution du nombre d'hospitalisations se poursuit à Bruxelles. Actuellement en Belgique il y a 3.143 patients hospitalisés pour covid dont 676 en soins intensifs.

Les décès poursuivent leur tendance à la baisse avec en moyenne 102 décès par jour.

L'augmentation de la mobilité et la diminution du télétravail pointées du doigt

La mobilité des Belges a augmenté après la réouverture des écoles, puis à nouveau après la réouverture des magasins. "Nous avons vu que l'augmentation des cas est corrélée à la mobilité. Nous insistons sur l'importance de faire du shopping dans sa région et de faire du télétravail au maximum", a souligné Yves Van Laethem. "Il faut diminuer notre mobilité pour que cette stabilisation ne devienne pas une réelle augmentation." 

"Une récente étude démontre que le télétravail est moins répandu que lors de la première vague", a regretté Antoine Iseux, en rappelant qu'il s'agit d'une mesure efficace contre la transmission du virus. Celui-ci reste obligatoire pour les métiers où cela est possible. Des contrôles ont lieu pour vérifier que la règle soit appliquée. "Nous savons que cela peut peser sur le moral des employés". Les experts ont donc appelé les employeurs à veiller à être créatifs et à maintenir le contact à distance. 
 
 

Le rôle des enfants dans la contamination

A-t-on sous-estimé le rôle des enfants dans la pandémie ? "Nous savons que les enfants, même s'ils sont rarement malades peuvent transmettre le virus. Cela peut donc jouer un rôle dans la contamination. En revanche, nous savons aussi que les enfants sont moins contaminateurs", a réagi Yves Van Laethem. Selon une étude de The Lancet, les transmissions se passent davantage entre adultes à l'école et des adultes vers les enfants que des enfants vers les adultes. "Ceci étant, lorsque les écoles ont été rouvertes, une grande partie de la population s'est retrouvée dans les établissements scolaires avec des contacts significatifs. Cela peut donc avoir un impact sur les chiffres mais nous ne pensons pas qu'ils s'agissent de "drivers" des contaminations, comme plusieurs études l'ont montré." L'expert a également rappelé la nécessité d'éviter les contacts entre générations, comme les petits-enfants et les grands-parents. 
 
  

Où le virus est-il le plus transmissible ?

Selon les bases de données dont les experts disposent, c'est au sein des familles que l'on dénombre le plus grand nombre de transmissions. En dehors des familles, les visites chez des amis jouent également un rôle dans les contaminations. En Belgique, on compte un nombre significatif de clusters dans les maisons de repos. Le lieu de travail est également une source éventuelle d'infections.

"Si nous menons tous des vies bien différentes, nous avons tous un point commun, nous aimons passer cette période avec nos proches, cela ne sera pas possible cette année, nous devons limiter les risques en solidarité avec les personnes fragiles, le personnel soignant ainsi que les secteurs qui ne peuvent rouvrir. Alors limitons nos contacts physiques mais cultivons le lien", ont conclu les experts.