Le torchon brûlerait entre plusieurs membres de la Celeval (la cellule d'évaluation qui conseille les politiques en cette période de crise sanitaire). Réunis mercredi, les membres de l'organe consultatif se seraient livrés à des débats animés, comme le rapporte le quotidien De Morgen. La pierre d'achoppement ? La nécessité ou non de durcir le ton face à une recrudescence de l'épidémie. Si certains sont partisans d'une politique plus stricte, d'autres prônent un assouplissement des mesures. Des opinions contraires qui ont mené à une inévitable confrontation.

Le ton est particulièrement monté entre Lieven Annemans, professeur d'économie de la santé (UGent) et fervent partisan d'un assouplissement des mesures, et plusieurs experts qui, eux, sont favorables à un contrôle plus strict de la situation épidémiologique. Ces derniers accusent l'économiste de la santé de minimiser l'impact du virus et la nécessité des mesures sanitaires, selon De Morgen.

M. Annemans s'est, par ailleurs, exprimé jeudi au sujet de l'augmentation croissante des contaminations, arguant qu'il fallait s'intéresser au taux de positivité. "Il a fluctué autour de 3% pendant des semaines, y compris ces dernières semaines au cours desquelles certains mettaient déjà en garde contre une augmentation", a-t-il relativisé, soulignant que la hausse du taux de positivité actuelle faisait écho au nombre de tests qui lui aussi avait augmenté.

Son ancien collègue, Marc Van Ranst, a regretté sur Twitter le comportement de l'économiste de la santé. "Tous les virologues mettent en garde contre des chiffres qui vont dans la mauvaise direction car le nombre de nouveaux cas augmente de 75% en une semaine et le taux de reproduction est désormais de 1,4, a réagi le virologue sur le réseau social. Un économiste de la santé nie avec véhémence qu'il y a actuellement une hausse du nombre de cas et pense que nous devrions nous détendre. Bonne chance!"



Lieven Annemans a répondu à Marc Van Ranst. "Comment aurions-nous pu mieux gérer le virus dans cette phase? A. Avec une culture de la peur, du drame, des chiffres trompeurs des mesures disproportionnées? B. Avec de la vigilance, de la sérénité, des chiffres corrects, des mesures équilibrées? J'aurais préféré B", a-t-il rétorqué.



De son côté, Erika Vlieghe, ancienne présidente du GEES (Groupe chargé du déconfinement) et membre de la cellule d'évaluation, a refusé de se prononcer sur d'éventuelles tensions au sein de la Celeval.

Karine Moykens, secrétaire générale du Département flamand de la protection sociale, de la santé publique et de la famille, également membre du Celeval, affirme que son expérience au sein de cet organe n'est "pas négative". "Je vois Celeval comme un groupe de personnes qui ont toutes le même objectif: faire en sorte que nous puissions présenter une proposition qui soit soutenue au mieux", déclare-t-elle dans le Morgen. "Si vous devez parvenir à un consensus avec un grand nombre de personnes, il est logique que les opinions soient confrontées les unes aux autres. Je n'y vois rien de négatif."