Un décret de la ministre de l’Enseignement, Marie-Dominique Simonet, fait beaucoup de bruit… pour rien


BRUXELLES La réforme du calendrier scolaire annoncé hier chez nos confrères de La Libre Belgique fait manifestement réagir. Cette réforme s’inscrit dans un décret- cadre approuvé par le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles le 14 mars.

Ce décret vise avant tout à fixer selon des critères très précis les jours où tomberont les congés scolaires dans les années à venir. Précédemment, ce calcul se faisait tous les deux ans. Mais nous reviendrons sur ce volet dans un article annexe.

Manifestement, un autre élément de ce futur décret a fait réagir, peut-être, plus que de raison. Le texte évoque un congé d’automne, des vacances d’hiver, un congé de détente et des vacances de printemps. Shocking car, pour de nombreux intervenants, il apparaît que l’on veut supprimer les termes de Toussaint, de Noël, de carnaval et de Pâques.

Au cabinet de la ministre de l’Enseignement en Fédération Wallonie-Bruxelles, Marie-Dominique Simonet (CDH), la polémique née hier matin fait furieusement bondir : “Il n’y a rien, c’est hallucinant. La seule nouveauté, c’est le mode de calcul du calendrier scolaire. Pour le reste, rien de neuf” , précise Eric Étienne, le porte-parole de la ministre. Et document à l’appui (décret du 27/03/2002, signé Pierre Hazette, MR), il nous précise que “depuis 2002 (pour Noël, Pâques et carnaval) et 2005 (pour la Toussaint), en fait, ces nouvelles appellations, sont utilisées dans les arrêtés et dans un décret (NdlR : voir plus haut).”

Pour l’opposition MR au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, cette manière de faire serait, en fait, un décret “cosmétique” . C’est le mot employé par la chef de groupe MR au Parlement, Françoise Bertiaux.

Le député Willy Borsus interpellera d’ailleurs la ministre de l’Enseignement Marie-Dominique Simonet, sur ce sujet, en commission du Parlement, aujourd’hui après midi. “Consacrer un décret à la modification du nom des congés scolaires nous paraît hors des priorités de l’enseignement chez nous.”

Cela dit, Willy Borsus et les autres députés MR pensent que le gouvernement tente de masquer la réalité via ce décret : “Il permet d’adapter le calendrier scolaire aux spécificités de certains établissements scolaires (par exemple : en raison de fêtes religieuses ou pour des raisons de sécurité). Il rend possible le glissement de fêtes religieuses vers d’autres. On ne dépose pas de projet de décret sans l’avoir relu jusqu’à la moindre virgule, ce n’est donc pas un hasard, c’est même délibéré. C’est le syndrome du sapin de Noël sur la Grand-Place.”

Encore une fois, chez la ministre Simonet, on s’étrangle : “Le MR fait référence à l’article 9 du décret. Ces dispositions existent depuis 1984 au moins. La première a été donnée à l’école du Shape à Casteau. Cette école accueille des étudiants venus d’un peu partout dans le monde. Il était normal d’harmoniser leurs jours de congé .” La deuxième exception vise tout simplement un athénée de confession juive. “Depuis 1984, deux exceptions ont été octroyées, c’est tout.”

Beaucoup de bruit pour rien donc, et chaque établissement est toujours libre d’utiliser les termes qu’il souhaite, nous certifie-t-on chez la ministre.



© La Dernière Heure 2013