Belgique

Il dénonce la présence dans le bureau de cette association d'un certain Nordine Saïdi, qu'il accuse d'être un militant de l'islam radical

BRUXELLES Le sénateur Alain Destexhe (MR) a réclamé dimanche la suspension du financement public du Mouvement contre le Racisme, l'Antismétisme et la Xénophobie (MRAX). Il dénonce la présence dans le bureau de cette association d'un certain Nordine Saïdi, qu'il accuse d'être un militant de l'islam radical. M. Saïdi s'est présenté aux élections régionales du 7 juin à la première place de la liste Egalité, petit parti controversé qui compterait en son sein d'anciens militants du PTB mais aussi des partisans d'un islam radical. Interrogé le 17 mai sur le site internet "parlemento.com", M. Saïdi refuse également de condamner les attentats terroristes palestiniens ou ceux commis le 11 septembre.

"Je comprends les attentats suicides ou terroristes sans nécessairement les justifier. En tout cas, je m'interdis de condamner des faits sans parler des causes. Oui, je refuse de condamner des attentats terroristes! (...) Pour éviter ces attentats, il est nécessaire de dialoguer avec toutes les parties. Si on veut éviter les attentats, il faudra un moment accepter de discuter même avec Ben Laden", a-t-il déclaré.

Le MRAX est une association financée par les pouvoirs publics, ont rappelé M. Destexhe et l'essayiste Claude Demelenne, co-auteurs d'un livre dénonçant la complaisance de certains milieux de gauche avec l'islam radical. Selon eux, il est inadmissible que ce financement bénéficie à une association qui compte une telle personne dans son bureau. Ils réclament donc la suspension de ce financement aussi longtemps que M. Saïdi n'aura pas démissionné du MRAX.
Au cours des débats dominicaux, tant sur la RTBF que sur RTL-TVi, les échanges ont été vifs entre d'une part MM. Destexhe et Demelenne, et d'autre part le président du MRAX, Radouane Bouhlal.

Selon les premiers, le MRAX est devenu le jouet de l'islam radical. "Le MRAX traverse actuellement une crise grave", ont-ils souligné, en rappelant le mouvement de protestation mené vendredi par une partie du personnel de l'asbl.
Accusations sans preuve, a répondu M. Boulal. "Nous sommes un mouvement pluraliste et fier de l'être", a-t-il ajouté, en regrettant que ses deux détracteurs préfèrent lancer l'anathème sur le MRAX plutôt que d'engager un débat de fond.
M. Boulal a également pris la défense de M. Saïdi en insistant sur ses qualités professionnelles et son engagement dans l'association. Il s'est toutefois distancié de ses déclarations sur le terrorisme.