Belgique

Franco Seminara (PS) et Mathieu Daele (Ecolo) ont déposé une proposition visant à ouvrir le débat dans leur parlement respectif


BRUXELLES Les députés fédéral et wallon, Franco Seminara (PS) et Mathieu Daele (Ecolo), ont déposé une proposition de résolution dans leur parlement respectif afin d'ouvrir le débat sur le problème de la vie affective et sexuelle des handicapés.

En toile de fond, se dessine notamment la question de la reconnaissance d'"assistants sexuels" défendue par l'association "Pas de bras, pas de chocolat". Le débat sur ce thème a été lancé dans plusieurs pays voisins, dont certains ont déjà fait des pas importants. Les deux parlementaires estiment qu'il est temps d'ouvrir la discussion en Belgique.

Leur démarche s'inscrit dans le cadre d'une Convention des Nations Unies sur les droits des personnes handicapées, ratifiée par la Belgique en 2009. "Notre pays a été à la pointe sur les sujets éthiques, comme l'euthanasie ou le mariage homosexuel. Aujourd'hui, il s'agit d'un sujet très sensible qui vise les personnes handicapées tant physiques que mentales. On pense que la personne handicapée est asexuée: mais non!", a souligné M. Seminara.

Parmi les demandes contenues dans les propositions, figure le développement de formations, l'obligation de prendre en considération cette dimension sexuelle et affective dans les projets des institutions qui s'occupent en Wallonie de personnes handicapées, à l'instar de ce qui se fait à Bruxelles, ou la création d'un comité de référence ainsi que d'un centre de ressources qui aiderait les professionnels.

Au centre du débat, se trouve un tabou, celui qui associe sexualité et handicap. L'association "Pas de bras, pas de chocolat" veut aller plus loin que l'ouverture d'un débat et réclame des mesures concrètes, dont l'une vise à donner un statut en Belgique à des "assistants sexuels".

"Il faut vivre avec son temps. On parle de sexe partout. On s'apprête à faire un film avec l'affaire DSK mais pourquoi, lorsqu'il s'agit de sexe et de handicap, est-ce que cela pose des problèmes?" a demandé le président de l'asbl, François Marien.

La Suisse, les Pays Bas et l'Allemagne ont donné un statut aux assistants qui fournissent une aide sexuelle aux personnes dont le handicap entrave la sexualité.

"Des féministes m'ont traité de proxénète mais ça n'a rien à voir. D'ailleurs, en Suisse, six des dix aidants diplômés sont des hommes. Quand une personne est handicapée à 80%, l'acte sexuel doit être posé par une personne extérieure, et ça ne peut pas être la famille. Ces assistants sont des personnes formées, volontaires, qui exercent une autre profession", a expliqué le président de l'asbl, François Marien.

En droit belge, le problème juridique à régler touche à la notion de proxénète: celui établit le contact entre la personne handicapée peut en effet tomber sous le coup des articles du code pénal qui punissent le proxénétisme.

© La Dernière Heure 2012