Belgique

Le Premier ministre Elio Di Rupo doit conclure ce mercredi en Chine un accord sur le prêt de deux pandas géants à la Belgique. Ces animaux séjourneront au parc animalier de Pairi Daiza à Brugelette, près de Mons, et non au Zoo d'Anvers, qui s'est dit indigné. 

Pairi Daiza entretient des contacts soutenus avec les autorités chinoises pour pouvoir accueillir ces pandas. Le patron du parc de Brugelette était d'ailleurs encore en Chine la semaine dernière, a-t-on appris de sources proches du dossier.

Il s'agit là d'une annonce majeure pour la parc hennuyer. Car dans tous les zoo où les pandas ont séjourné, la fréquentation de ces parcs s'est envolée. La décision n'est donc pas seulement zoologique, elle est également économique. D'autant que Pairi Daiza serait le seul zoo belge à disposer de pandas géants.

Le zoo d'Anvers indigné

Evidemment, ce prêt ne plait pas du tout au zoo d'Anvers. Ce dernier a fait part de son "indignation" et sa "déception" dans les journaux 'Gazet van Antwerpen' en 'Belang van Limburg'. Le Zoo s'est aussi dit "mieux équipé" pour accueillir ces pandas géants, une espèce en danger.

"S'il y a à nouveau des contacts diplomatiques approfondis pour faire venir des pandas dans notre pays, nous aurions au moins pu compter sur le soutien du Premier ministre", a affirmé la porte-parole du zoo, Ilse Segers. Selon elle, le Zoo d'Anvers dispose de l'expérience pour l'accueil des pandas après avoir hébergé un couple à la fin des années 1980.

Le zoo appelle à une concertation avec M. Di Rupo et la direction de Pairi Daiza "pour examiner comment accueillir au mieux les pandas en Belgique".

Une tournure politique

L'affaire risque de prendre une tournure politique. La députée Zuhal Demir (N-VA) a annoncé son intention d'interpeller le Premier ministre à ce sujet. "Je ne peux me défaire de l'impression qu'Elio Di Rupo a utilisé des moyens diplomatiques pour donner un coup de pouce à un parc animalier dans les environs" de sa ville, a-t-elle déclaré.

De son côté, le Premier ministre précise qu'il appuie "toutes les demandes de soutiens qui lui parviennent, qu'il s'agisse des demandes d'entreprises ou institutions flamandes, wallonnes ou bruxelloises", a souligné mardi son cabinet. Ce sont les autorités chinoises qui déterminent les critères de sélection et font le choix du zoo d'accueil, a précisé le cabinet.

Il ne reste que 1.600 individus à l'état sauvage, principalement, en Chine et 300 en captivité à travers le monde, dans seize parcs animaliers. Ces deux ursidés herbivores appartiennent au gouvernement chinois et sont prêtés à chaque fois pour dix ans.